Le Sri Lanka n’a pratiquement plus de pétrole ni de devises pour acheter des aliments

Un Sri-Lankais attend au milieu d'une route après le blocage du trafic dû à une manifestation demandant de l'essence, à Colombo, le 24 juin 2022. Avec a crise actuelle du pétrole, de nombreux Sri Lankais font la queue des jours durant devant les stations-essence, au cas où il y en ait une livraison.
Un Sri-Lankais attend au milieu d'une route après le blocage du trafic dû à une manifestation demandant de l'essence, à Colombo, le 24 juin 2022. Avec a crise actuelle du pétrole, de nombreux Sri Lankais font la queue des jours durant devant les stations-essence, au cas où il y en ait une livraison. AP - Eranga Jayawardena

Le Sri Lanka est pratiquement à court d'essence et de gazole, a annoncé samedi 25 juin le ministre de l'Énergie, qui s'est excusé auprès des automobilistes pour l'aggravation de la crise du pétrole. L'unique raffinerie du pays a fermé par manque de pétrole brut. Le pays subit la pire crise économique de son histoire, et n'a plus assez de réserves de change pour financer les produits les plus essentiels comme les aliments, le pétrole et les médicaments.

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Le ministre de l'Énergie sri-lankais a fait savoir que les livraisons pétrolières attendues la semaine dernière n'avaient pas eu lieu. Kanchana Wijesekera a aussi affirmé que celles prévues pour la semaine prochaine n'arriveront pas non plus, pour des raisons bancaires.

Le ministre a ajouté que la société publique Ceylon Petroleum Corporation (CPC) était incapable de dire quand l'île recevra de nouvelles livraisons de pétrole. La compagnie a également fermé son unique raffinerie par manque de pétrole brut, a-t-il ajouté, alors que la raffinerie a dû utiliser en début de mois 90 000 tonnes de pétrole brut russe achetés via une société de Dubaï, Coral Energy, grâce à des crédits de deux mois.

Les rares stocks d'essence disponibles seront donc distribués avec parcimonie : les transports publics et la fourniture d'électricité seront prioritaires, a ajouté le ministre.

En raison de cette crise énergétique sans précédent, le gouvernement sri-lankais a aussi fermé pour deux semaines certaines institutions publiques jugées non essentielles, dont des écoles. Plusieurs hôpitaux ont aussi fait état d'une sévère baisse de personnel à cause des restrictions d'essence.

Depuis plusieurs mois, le pays est miné par une dette publique colossale, qui se monte à 51 milliards de dollars, et que le Sri Lanka est incapable de rembourser. À court de devises étrangères, le pays ne peut plus approvisionner sa population. Celle-ci manque notamment de produits de première nécessité, de médicaments et manifeste chaque jour son désarroi.

Le Sri Lanka a fait défaut en avril. Il est aujourd’hui en train de négocier avec le FMI un possible renflouement.

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