Covid-19: dans le Xinjiang, des habitants affamés et confinés demandent de l’aide sur les réseaux

Des habitants de la ville d'Urumqi, dans la région autonome ouïghoure du Xinjiang, s'approchent d'une zone de vente de fruits et légumes improvisée face aux mesures contre les cas de Covid-19, le 5 septembre 2022.
Des habitants de la ville d'Urumqi, dans la région autonome ouïghoure du Xinjiang, s'approchent d'une zone de vente de fruits et légumes improvisée face aux mesures contre les cas de Covid-19, le 5 septembre 2022. © cnsphoto / via Reuters

L’automne arrive et la Chine renforce ses mesures sanitaires pour empêcher un rebond épidémique. Refusant de vivre avec le virus, la deuxième économie du monde a encore recours aux confinements dans le cadre de sa stratégie zéro Covic-19. Dans la province du Xinjiang, des habitants contraints de rester chez eux depuis 40 jours ont lancé des appels à l’aide sur les réseaux sociaux, se plaignant d’un manque de soins et de nourriture.

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De notre correspondant à Pékin,

Difficile de savoir ce qui se passe exactement à Ghulja -Yining en mandarin-, mais les images diffusées sur les réseaux sociaux ne laissent guère de place au doute quant au désespoir et à la colère manifestée par les habitants de cette ville de la préfecture autonome kazakh d’Ili, dans l’ouest de la Chine.

Manque de soins et de nourriture

Ce week-end, des vidéos évoquaient des marches de mécontentement après près de six semaines de confinement lié à la politique zéro-Covid. D’autres ont utilisé le réseau Weibo pour appeler à l’aide, publiant des témoignages numériques collectés par l’antenne en mandarin de la radio publique allemande Deutsche Welle, avant que la censure de Pékin ne les supprime.

Certains évoquent des personnes âgées enfermées qui ne peuvent s’alimenter seules, d’autres de repas de quarantaine inadaptés aux femmes enceintes, d’autres encore qui disent ne pas avoir de nouvelles de leurs proches emmenés dans les centres de quarantaine.

Il y a aussi l’absence de soins. Le 9 septembre dernier un père de famille affirmait que son enfant de 17 mois serait décédé faute d’avoir pu accéder aux traitements médicaux requis. Une information impossible à vérifier, mais qui a été largement partagée.  

Excuses et plus de censure

Les autorités de la préfecture se sont excusées pour l’impact des mesures sanitaires sur « tous les groupes ethniques ». Le gouvernement a annoncé débloquer les ressources médicales nécessaires pour pallier aux urgences, tout en renforçant la censure. Les commentaires liés au manque de vivres sont particulièrement surveillés.

Alors que le hashtag #StarvationGenocide a fait son apparition sur Twitter et a été censuré en Chine, un résident contacté par le New York Times a déclaré qu’il recevait de la nourriture tous les cinq jours, mais pas de légumes, ni de viandes. « Nous nous nourrissons essentiellement du pain et des nouilles instantanées », confie ce dernier au journal américain. « Cela fait 15 jours que, nous n'avons plus de farine, de riz, et d'œufs. Et depuis quelques jours, nous manquons de lait pour les enfants », ajoute un habitant de l'ouest du Xinjiang dans des propos rapportés par la BBC.

Dimanche 11 septembre, le bureau de la sécurité publique de Yining a mis en garde les internautes ayant « répandu des rumeurs sur internet et perturbé la politique de prévention et de contrôle des épidémies ». Quatre d’entre eux ont été condamnés à la détention administrative pour une période de cinq à dix jours.

Des mesures sanitaires drastiques déjà contestées à Urumqi, la capitale du Xinjiang l'été dernier. Selon le site d’information Caixin, 33 mégalopoles et 65 millions de Chinois se trouvent actuellement en situation de confinement ou de semi-confinement.

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