Thaïlande

Thaïlande: les putschistes verrouillent le pouvoir

Les militaires ont aussi renforcé leur contrôle sur internet.
Les militaires ont aussi renforcé leur contrôle sur internet. REUTERS/Damir Sagolj
Texte par : RFI Suivre
4 mn

En Thaïlande, ce vendredi, au lendemain du coup d’Etat, le général putschiste Prayuth Chan-ocha s’est autoproclamé Premier ministre. L’ancienne cheffe du gouvernement Yingluck Shinawatra, ainsi que plusieurs ministres, ont répondu à la convocation du général et se sont rendus au siège du conseil militaire.

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Avec notre correspondant à Bangkok, Arnaud Dubus

Le conseil militaire à la tête du pays a convoqué l’ancienne cheffe du gouvernement Yingluck Shinawatra, ainsi que plusieurs membres de sa famille et ses ex-ministres et conseillers encore en liberté. Yingluck Shinawatra a répondu à la mi-journée à cette convocation en se rendant au siège du conseil militaire qui dirige désormais le pays. Environ 150 politiciens et leaders de la société civile ont aussi reçu l’ordre de se rendre aux militaires. Ils se sont vus interdire de quitter le territoire.

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Prayuth Chan-ocha, le général qui a perpétré le coup d’Etat jeudi, est donc le nouveau Premier ministre de la Thaïlande. Officier au sang chaud, toujours l’air bougon, il a expliqué qu’il occuperait cette position provisoirement, tant qu’il n’aurait pas trouvé une personne adéquate pour la prendre en charge.

Les militaires ont aussi renforcé leur contrôle sur internet. Ils ont convoqué plusieurs dizaines de fournisseurs d’accès en leur demandant de bloquer tous les contenus qui pourraient, selon leurs termes, « créer la confusion dans l’esprit du public » ou « affecter la sécurité nationale ». Une volonté de contrôle qui n’est pas très efficace pour l’instant, car les critiques contre le coup d’Etat sont nombreuses sur les réseaux sociaux et les sites d’informations.

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Avec notre correspondante à Washington, Anne-Marie Capomaccio

Washington demande le rétablissement immédiat de la démocratie, des libertés civiles et la réouverture des organes de presse thaïlandais après ce coup d’Etat « injustifiable », selon les termes de John Kerry. Si l’administration américaine avait pris acte, sans commentaire, de l’application de la loi martiale en début de semaine, le département d’Etat a manifestement été surpris par l’annonce du coup d’Etat hier.

Les Etats-Unis tentent de maintenir le contact avec les hauts gradés, expliquait Jen Psaki, la porte-parole de John Kerry, mais les militaires putschistes ne sont semble-t-il pas réceptifs, et Washington vient donc de suspendre toute coopération avec l’armée thaïlandaise :

« Nous avons pris les premières mesures pour suspendre nos engagements militaires et notre assistance, pendant que nous surveillons ce qui se passe sur le terrain. C’est la procédure habituelle. Dans le même temps nous procédons à un examen complet de tous les accords. »

Au-delà de l’aide militaire américaine à la Thaïlande, c’est toute la coopération bilatérale qui sera remise en question si la démocratie n’est pas rétablie. Les Etats-Unis octroient 11 millions de dollars d’aide à Bangkok chaque année. Seul le quart de ce budget est alloué à l’aide militaire.

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