Indonésie

Indonésie: les débris d'un avion retrouvés là où un appareil a disparu

Les équipes nationales indonésiennes de recherches et de secours, photographiés le 17 août 2015 au centre de crise de Jayapura.
Les équipes nationales indonésiennes de recherches et de secours, photographiés le 17 août 2015 au centre de crise de Jayapura. National Search and Rescue chief Bambang Soelistyo (R) gestures

Au lendemain d'une perte de contact entre un avion ATR 42 de la compagnie Trigana Air et le contrôle aérien, dans la province indonésienne orientale et montagneuse de Papouasie, les équipes de recherche ont déclaré avoir détecté des débris près d'Oksibil, où l'appareil était censé atterrir avec ses 54 passagers. L'ATR 42 avait décollé de Jayapura, capitale provinciale, avant de disparaître des écrans environ dix minutes après avoir demandé l'autorisation d'amorcer sa descente.

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Dimanche, des villageois indonésiens affirmaient avoir vu un avion de ligne s'écraser en pleine montagne et disaient même avoir retrouvé des morceaux de carcasse. Ce lundi 17 août, les équipes effectuant des recherches dans la zone de disparition de l'ATR 42 ont fait part d'informations similaires : « Ce matin, de bonne heure, un avion a emprunté la route et repéré des débris près d'Oksibil, mais nous voulons vérifier à nouveau maintenant », a expliqué à l'Agence France-Presse un porte-parole du ministère indonésien des Transports.

La télévision indonésienne véhicule des images de ces débris, situés à 12 kilomètres de l'aéroport d'Oksibil, la destination de l'ATR 42. Ces images, qui ont été prises par un avion des équipes de recherches, ne montrent cependant pas grand chose. Ce que l’on voit surtout, c’est à quel point la zone est difficile d’accès. Sur notre antenne, notre correspondante à Jakarta Marie Dhumieres décrit des arbres partout, aucune route, aucun chemin à proximité. Elle rappelle que les faits ont lieu à 2 600 mètres d’altitude et que les équipes de secours terrestres ne sont toujours pas parvenues à rejoindre le site.

Le but des opérations consiste à retrouver un avion de la petite compagnie indonésienne Trigana Air, dont les appareils desservent une quarantaine de liaisons intérieures. L'ATR 42 en question - un bi-turbopropulseur -, effectuait un vol entre Jayapura, capitale de la Papouasie, et Oksibil, une localité montagneuse uniquement accessible par avion. Dimanche vers 6 h TU, l’avion avait décollé depuis une trentaine de minutes lorsqu'il a cessé de communiquer. Il venait de demander à la tour de contrôle, quelques minutes plus tôt, l’autorisation d’entamer sa descente. Il n'a par la suite plus donné de nouvelles.

Cinq enfants à bord

Les conditions de vol, parfois imprévisibles dans la région, étaient mauvaises au moment des faits. La Papouasie est souvent desservie par de petits appareils et la météo a été responsable de plusieurs accidents ces dernières années, dans un pays lui-même peu réputé pour la sécurité de ses liaisons aériennes. A elle seule, la compagnie Trigana Air a connu 14 incidents depuis son lancement en 1991, selon le Réseau de sécurité aérienne, qui répertorie les accidents aériens. Elle figure sur une liste noire l'empêchant de voler au sein de l'Union européenne.

L'avion, très probablement crashé dans la montagne compte tenu des dernières informations disponibles, transportait à son bord quelque 6,5 milliards de roupies en liquide, soit l'équivalent de 420 000 euros. Entreposés dans quatre sacs, ces fonds publics étaient escortés par quatre employés de la poste, selon le chef de cette dernière à Jayapura, la ville de départ. Ils devaient être distribués à des familles pauvres de la province de Papouasie. L'appareil transportait aussi et surtout 54 personnes, dont 44 passagers adultes, cinq enfants et cinq membres d'équipage.

Impossible de savoir s’il y a le moindre survivant parmi ces personnes. Et l’attente est évidemment intolérable pour les familles, dont une partie s'est regroupée à l’aéroport de Jayapura. Au centre de crise installé par la compagnie aérienne, des proches des passagers se sont mis à crier qu’ils voulaient des confirmations, qu’ils voulaient des réponses. Pour l'instant, il est trop tôt pour qu'ils en reçoivent. Mais le pire est à envisager.

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