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Royaume Uni

Portrait: David Cameron dans les startings blocks

Le leader du Parti conservateur David Cameron lors d'un meeting de son parti à Manchester, le 8 octobre 2009
Le leader du Parti conservateur David Cameron lors d'un meeting de son parti à Manchester, le 8 octobre 2009 Reuters
Texte par : Dominique de Courcelles
4 min

Le chef des conservateurs britanniques, David Cameron, donné comme le futur Premier ministre, s'est dit « prêt », jeudi 8 octobre,  à remplacer Gordon Brown à Downing Street, en clôturant le dernier congrès annuel de son parti avant les prochaines élections législatives.

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Sans vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué, il n’est pas incongru d’imaginer David Cameron en futur Premier ministre britannique. Il est l’étoile filante du parti conservateur, son leader très charismatique, celui que tous les sondages disent vainqueur du prochain scrutin législatif au printemps prochain, celui qui a désormais le soutien du quotidien au plus fort tirage, The Sun, celui enfin, qui vient encore d’asseoir son autorité au congrès annuel des conservateurs.

David Cameron, un destin de Premier ministre Depuis Margaret Thatcher, qui se souvient des leaders Tories ? Avec le départ de la « Dame de Fer », le paysage tory était désert, comme vitrifié. Qui se rappelle des trois derniers leaders conservateurs, William Hague, Iain Duncan Smith et Michael Howard ? Ils ont tous disparu de la mémoire collective. Les conservateurs par ailleurs faisaient figure de « loosers », presque ravalés à la taille d’un parti régional, et même de « méchants » pendant les années Blair et le New Labour, quand toute la Grande-Bretagne avait pour le leader travailliste les yeux de Chimène. Mais Tony Blair est parti, et son successeur Gordon Brown incapable d’atteindre les mêmes sommets de popularité. Le New Labour est moribond, le « swing of the pendulum », le mouvement de balancier est reparti, et le temps des Tories revient grâce aussi à David Cameron.

« Prêt à prendre le pouvoir »

Pour l’instant, il se la joue modeste, la victoire n’est pas acquise, il y a encore beaucoup de travail sur la table, reconnait-il, même s’il se déclare « prêt à prendre le pouvoir ». « Il n’y a pas une once de suffisance au sein du parti conservateur » a-t-il redit cette semaine à la radio. De fait, les conservateurs ont perdu trois scrutins d’affilée, le dernier datant de 2005, il se doit d’être prudent. Même si, c’est précisément en 2005, au congrès annuel de Blackpool que David Cameron sort du rang, prononce un discours clé, sans notes, et séduit son auditoire. Son propos est positif, il invite les « militants à être fiers d’être conservateurs », et redonne espoir à son camp.

Deux mois plus tard, il prend la tête du parti, c’est le début de son ascension et de la reconquête du pouvoir par les Tories. Il modernise le parti, le dépoussière de son image vieillotte, et le rajeunit (lui-même n’a que 43 ans). Prônant un « conservatisme moderne et compatissant » il veut donner l’image d’un parti plus attentif aux questions sociales, plus proche des préoccupations des électeurs sur la santé, l’éducation ou l’écologie. Lui-même n’hésite pas à exprimer sa reconnaissance pour le système de santé publique, en évoquant publiquement la mort de l’un de ses trois enfants en février dernier.

Adroit, lorsqu’éclate le scandale des notes de frais chez les députés travaillistes, il fait immédiatement le ménage dans sa propre famille alors que le camp adverse met du temps à réagir. Réferendum sur l’Europe S’il cultive l’image d’un homme accessible, bon père de famille, qui se déplace à vélo – il se dit très sensible à la sauvegarde de l’environnement –, il appartient pourtant à l’élite du pays, de par sa naissance – il est issu de la upper class, des généalogistes allant même jusqu’à lui trouver des ascendants remontant au roi William IV –autant que par son éducation, Eton, of course.

Et pourtant, il reste Britannique jusqu’au bout des ongles : insulaire et eurosceptique comme la majorité de ses compatriotes, il ne veut pas de l’Europe telle que dessinée par le Traité de Lisbonne, et entend bien tout faire pour soumettre le texte à référendum l’année prochaine dès qu’il aura remporté les élections. Une perspective d’épouvante pour les Européens qui pensaient n’avoir plus que le président tchèque comme obstacle à la mise en œuvre du traité.

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