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L'été des festivals

Vienne dans la note bleue

Théatre antique
Théatre antique © Renaud Vezin - Jazz à Vienne
Texte par : Elisabeth Bouvet
3 min

Deuxième étape de notre périple : Vienne dans l’Isère, une ville de 30 000 habitants, située sur les bords du Rhône à une demi-heure de Lyon. C’est là que se tient du 27 juin au 10 juillet la 29e édition de Jazz à Vienne.

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Vienne est une ville en pente douce. Depuis sa gare, sur les « hauteurs », jusqu’à ses rives fluviales, la cité antique se déploie à la manière des cultures en espalier. A l’image finalement de l’un de ses joyaux architecturaux : le théâtre antique, le haut lieu de Jazz à Vienne. De la pierre, en guise de gradins, et du ciel à perte de vue, en guise de toit. Un endroit magique, selon Jean-Paul Boutellier, le directeur artistique et créateur du festival : « Contrairement à une salle plongée dans le noir, quand on est sur la scène du théâtre, on peut voir toutes les têtes, et du coup, on peut plus facilement communiquer. C’est un atout important pour cette musique-là ».

Et il faut imaginer, en face, le public serré sur les gradins, glacières, sandwichs et « petite laine » à portée de mains. En vingt neuf ans, le festival est devenu « une habitude familiale et conviviale » : « On partage beaucoup de choses avec les voisins sur les gradins, le pique-nique, la musique, des amitiés et peut-être même d’autres choses ! Ça fait peut-être un peu boy-scout, mais c’est ça qui fait la réussite de Jazz à Vienne qui n’est absolument pas un festival mondain », constate son directeur.

DR

 Si le théâtre antique constitue la pièce-maîtresse du dispositif viennois, c’est toute la ville qui, le temps de la manifestation, se met au diapason. Entre les concerts en plein air, les sorties en clubs, les salles annexes réquisitionnées pour l’occasion, les expositions sans oublier les master-classes et autres ateliers pour les amateurs hauts comme trois pommes, « c’est tout un réseau qui s’est tissé dans la ville qui, en trente ans, a beaucoup fourni en musiciens de jazz. Il y a d’ailleurs une section de jazz à l’école de musique qui est très importante. Moi ça m’émeut toujours, reprend Jean-Paul Boutellier, quand des personnes me disent qu’elles ont découvert le jazz il y a vingt ans quand leurs pères les amenaient sur les gradins du théâtre antique ». A commencer par son propre fils, aujourd’hui saxophoniste.

Et le public fidèle de Jazz à Vienne est à la fête cette année. Pas de « programmation catalogue », selon l’expression de Jean-Paul Boutellier mais une édition placée sous le signe du métissage, des styles et des continents. En clair, poursuit notre interlocuteur, « il y aura beaucoup d’inédit. On veut justement revenir à l’époque où le jazz était synonyme de rencontres, attendues et inattendues ». Ainsi de l’Américain Hank Jones, 91 ans, qui se retrouve successivement sur scène avec le Malien Cheick Tidiane Seck et le Français Martial Solal ; ainsi du trompettiste suisse Erik Truffaz qui se produit aux côtés du chanteur Christophe ; et ainsi surtout de la carte blanche donnée à Martial Solal qui, le jour de la saint Martial, « se confrontera à toute sorte de musique y compris symphonique. Et, au-delà des attentes du public, les artistes aiment ça également, même si c’est un travail supplémentaire, même si c’est un défi ». Surtout d’ailleurs en termes logistiques car pour cette soirée exceptionnelle, il y aura jusqu’à 8 pianos sur scène ! Et comme par ailleurs, insiste Jean-Paul Boutellier, Vienne se défend mieux que bien sur le plan gastronomique, on aurait décidément tort de bouder, doublement, son plaisir.

 

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