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Nancy, capitale des Arts décoratifs

Création du verrier Jacques Gruber pour l'entrée de la chambre de Commerce de Nancy
Création du verrier Jacques Gruber pour l'entrée de la chambre de Commerce de Nancy Danielle Birck/RFI
Texte par : Danielle Birck
2 min

L’annexion de l’Alsace et de la Moselle par l’Allemagne en 1870, par laquelle Nancy est devenue la capitale de l’est de la France a été le prélude à une révolution artistique. La venue en masse d'une population très diversifiée dans la ville a favorisé l'éclosion d'un art : les Arts décoratifs.

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« La raison principale est l'arrivée d'une population très diversifiée : industriels d’art, universitaires, intellectuels, mais aussi des gens modestes qui sont devenus les ouvriers et artisans d’art pour les industriels et les artistes. La ville a connu brusquement un grand développement économique, urbanistique, intellectuel et artistique.

"Autre raison, et qui caractérise tous les artistes de l’Ecole de Nancy, c’est qu’ils sont des ritiers d’une maison tenue par leur père (c’est le cas de Louis Majorelle ) ou leur oncle et avaient donc à leur disposition un savoir faire, des ouvriers et artisans d’art. Ce qui leur a permis de développer ces industries d’art à Nancy . A commencer par le chef de file, Emile Gallé, qui a hérité de son père un magasin de commerce de porcelaines et de cristaux et va développer cette entreprise en y ajoutant la création de mobilier. Il va être assez vite reconnu et participer aux expositions à Paris de 1884 et 1889. Une reconnaissance officielle qui va lui permettre de développer ses entreprises.

« Car ce sont des artistes, mais surtout, et avant tout, des industriels d’art. Ils souhaitent rénover les arts décoratifs, le cadre de vie, mais aussi la diffusion, ce que Gallé appelle la vulgarisation artistique, produire pour une clientèle la plus vaste possible et cela ne peut se faire qu’à travers une production industrielle. Ils vont donc mettre au point des ateliers mécanisés, modernes.

« S'est constitué ainsi un patrimoine Art déco très riche qui a fait la renommée de Nancy. Sur le plan architectural, mais aussi avec le musée de l’Ecole de Nancy, installé dans la villa Majorelle et le fait que cette Ecole est encore perçue vue par les Nancéens comme un moment phare dans l’histoire de leur ville, et qu’ils considèrent comme un exemple à suivre. On parle beaucoup aujourd’hui de cette relation art et industrie. Ce patrimoine attire beaucoup de touristes venant de très loin, notamment du Japon, où il y a un réel engouement pour l’Ecole de Nancy et Gallé, dont l’œuvre a été influencée par l’art japonais. Il y a d’ailleurs d’importantes collections au Japon, dont certaines, heureusement, sont ouvertes au public ou ont même parfois été transformées en musées ».

  Valérie Thomas, conservatrice du musée de l'Ecole de Nancy

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