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Royaume-Uni

Tous coupables en puissance ?

Ian Huntley, l'assassin de Holly Wells et Jessica Chapman, reconduit en prison dans le fourgon de police (D), après un apparition au tribunal de Peterborough, le 10 septembre 2002.
Ian Huntley, l'assassin de Holly Wells et Jessica Chapman, reconduit en prison dans le fourgon de police (D), après un apparition au tribunal de Peterborough, le 10 septembre 2002. AFP

En 2002, deux fillettes de dix ans, Holly Wells et Jessica Chapman sont assassinées par un homme qui travaillait dans le collège voisin, déjà impliqué dans des affaires de viol. L'affaire, qui a ému tout le pays, est à l’origine, quatre ans plus tard, du fichier destiné à ficher plus de 11 millions de Britanniques qui s’occupent d’enfants. Entré en vigueur lundi 12 octobre, il crée la polémique.

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Si le fichier avait existé à l’époque, le crime aurait-il été évité ? Sans doute. Ian Huntley était le concierge de l’école des fillettes, et de surcroît déjà connu des services de police pour des affaires de violence sexuelle sur des adolescentes, même s’il n’avait jamais été condamné. Mais à la suite d’une nouvelle loi sur la protection des données personnelles, la police avait détruit les dossiers les plus anciens, dont le sien.

Devant un tel scandale, un tel émoi aussi dans l’opinion publique, les autorités ont décidé dorénavant de ficher tout adulte destiné à entrer en contact de façon régulière avec des enfants. Depuis le 12 octobre, tous ceux qui sont amenés à s’occuper d’enfants « de manière fréquente » (au moins une fois par mois) ou « intensive » (trois fois par mois) doivent s’inscrire auprès de l’Independant Saveguard Authority (ISA). Et ils ont à débourser 64 Livres (73 euros) pour recevoir leur agrément.

Plus de 11 millions de Britanniques

Enseignants, infirmières, dentistes, médecins, assistantes maternelles, proviseurs, sont évidemment concernés au premier chef, mais le dispositif, le plus important de ce type dans le monde,  va bien au-delà : il touche aussi ceux qui participent à un club sportif, qui transportent régulièrement des enfants, qui reçoivent un correspondant étranger, qui accompagnent des sorties scouts, tous ces adultes devront désormais être accrédités auprès de l’ISA pour accomplir ces activités. Cela concerne au total plus de 11 millions de Britanniques, soit un adulte sur quatre.

L’Autorité Indépendante vérifiera alors qu’ils n’ont pas été suspectés de pédophilie ou de violence dans les années précédentes. Ceux qui ne s’inscrivent pas encourent une amende de 5000 livres (3 552 euros). Ceux qui sont interdits de contacts avec des enfants mais qui le font quand même risquent 5 ans de prison et leur employeur, six mois.

Le gouvernement aurait-il sur- réagi ?

Quand cette loi est votée par les députés en 2006, elle fait peu débat, et apparaît comme plutôt consensuelle. C’est une fois connues les modalités d’application que critiques ou réserves fusent de la part d’intellectuels, de médias comme le Daily Telegraph ou même de spécialistes de l’enfance comme la Society for the Prevention of Children qui estiment que la loi va trop loin et craignent que la création d’un tel fichier ne tarisse des « activités parfaitement saines et normales».

Devant le tollé réel bien que tardif - et même si certains ajustements ont déjà été faits comme de retirer du fichier les bénévoles ou les artistes venant occasionnellement parler dans les écoles - le ministre de l’Education a annoncé qu’il allait faire revoir l’ensemble du dispositif pour vérifier que le gouvernement a bien placé le « curseur là où il faut ». Le président de l’ISA a donc été prié de voir, d’ici à décembre prochain, si d’autres correctifs n’étaient pas à apporter.

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