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Retrouvailles

Berlin rouvre en grande pompe le Neues Museum

Le buste de Néfertiti (vers - 1338)
Le buste de Néfertiti (vers - 1338) Magnus Manske
Texte par : Nathalie Versieux
4 min

Angela Merkel en personne a présidé ce vendredi la réouverture en grande pompe du Neues Museum qui abrite les collections égyptiennes particulièrement riches de Berlin. Le célèbre buste de Nefertiti constitue le clou de l'exposition. Le Neues Museum, partiellement détruit pendant la guerre, était fermé depuis 1939. Entrée gratuite tout le week-end à l'occasion de sa réouverture.

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Elle est aussi belle qu’intrigante… La plus célèbre Berlinoise est une Egyptienne de plus de 3 000 ans, l’épouse du pharaon Achénaton, Néfertiti. Son buste est la pièce maîtresse du Nouveau Musée, qui rouvre samedi ses portes au public, au cœur de la capitale allemande. « Avec la réouverture du Nouveau Musée, c’est une nouvelle époque qui commence sur l’Ile aux Musées de Berlin. Enfin, l’ensemble des musées du cœur de Berlin sont de nouveau accessibles au public, après 70 ans… », se félicite Hermann Parzinger, le Président de la Fondation des musées berlinois Stiftung Preussischer Kulturbesitz.

Le Nouveau Musée fait partie d’un ensemble de cinq bâtiments édifiés au XIXe siècle à l’initiative de Frédéric Guillaume III puis IV qui décident de consacrer une île de la Spree, au cœur de Berlin, à l’art et à la science. Cinq musées sont édifiés les uns après les autres. Le Nouveau Musée, consacré à l’égyptologie, ouvre en 1859. Le Musée Pergame, le dernier de la série et consacré à la Grèce, est inauguré en 1930. Neuf ans plus tard, les Nazis commencent à mettre les trésors des musées allemands à l’abri. En 1945, les bâtiments de l’Ile aux Musées sont détruits à 70%.

Fortement endommagé par les bombardements de la Seconde Guerre Mondiale, le Nouveau Musée est laissé pendant quarante ans à l’état de ruine par la dictature communiste. La façade est éventrée, le toit effondré, la quasi-totalité des fresques égyptiennes de Friedriech August Stüler qui ornaient les murs disparaissent avec le temps…

La salle égyptienne dite Aton.
La salle égyptienne dite Aton. (Photo : Nathalie Versieux/ RFI)

Avec la Réunification, l’Etat fédéral se lance dans un vaste travail d’inventaire (une partie des trésors des musées allemands ont disparu en Union Soviétique) et de restauration de l’Ile aux Musées, située dans l’ancienne Berlin-Est.

La réfection du Nouveau Musée est confiée au Britannique David Chipperfield. Son concept - maintien de ce qui a pu être conservé des éléments d’origine, intégrés dans le béton du neuf - est dans un premier temps largement controversé. Le résultat est pourtant saisissant. Le bâtiment, révélé au printemps au public à l’occasion d’un spectacle de danse de Sasha Walz itinérant de pièce en pièce dans le musée encore vide de ses trésors, est un insolite mélange de brique et de béton, de mosaïques, de peintures et de bois.

Néfertiti, qui résidait dans le musée avant 1939, occupe à elle seule une coupole du premier étage, dont les murs ont conservé leurs peintures d’origine. Le vert, l’ocre et le rouge-sang des murs répond aux teintes du buste de plâtre découvert en 1911 par le mécène et collectionneur d’art allemand James Simon.

Au-delà de Néfertiti, le Nouveau Musée contient l’une des plus importantes collections d’égyptologie au monde : sarcophages, statues, objets de la vie quotidienne, fragments de fresques et une importante collection de papyrus.

Le second pôle du Nouveau Musée est l’antiquité européenne. La pièce maîtresse de cette partie de l’exposition est un chapeau pointu en or pur, haut de près d’un mètre, et orné de signes astraux dont la provenance est inconnue. Ce chapeau de l’Age de bronze pourrait avoir servi aux prêtres. Le plus ancien objet du Nouveau Musée est un coup de poing du Paléolithique vieux de 700 000 ans.

Au total, 9 000 pièces sont exposées sur les 8 000 mètres carrés d’exposition du Nouveau Musée. « Il faut savoir que nous possédons au total 80 000 pièces dans nos coffres et dépôts ! », précise Friederike Seyfried, la directrice de la collection égyptienne. Les pièces exposées ne sont qu’une partie de l’immense collection des musées berlinois.

Le déménagement en grande pompe de Néfertiti sur l’Ile aux Musées risque bien de réanimer le vieux conflit qui oppose l’Allemagne à l’Egypte au sujet des collections d’art. James Simon avait signé en son temps un contrat avec l’Etat égyptien, autorisant fouilles et rapatriement des objets trouvés. L’Egypte assure aujourd’hui que Néfertiti a été volée et réclame la restitution de la Reine.

le seuil de l'escalier magistral
le seuil de l'escalier magistral (Photo : Nathalie Versieux/ RFI)

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