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Patrimoine

Rennes : Odorico au fil des rues

Danielle Birck/RFI
Texte par : Danielle Birck
3 mn

La ville bretonne qui fut pendant près d’un siècle le siège de la fameuse entreprise de mosaïques, a conservé des témoignages de l’esprit créatif de la famille Odorico. Lieux publics, immeubles, habitations particulières, façades et intérieurs : Rennes garde l’empreinte des mosaïstes venus d’Italie. Avec encore, parfois, des surprises… Quelques aperçus d’un patrimoine à préserver.

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Une visite qui commence par la piscine Saint-Georges, du nom de l’ancienne église abbatiale bénédictine qu’elle a remplacée – non sans polémiques à l’époque. L’édifice Art déco, inauguré en 1925 et rénové à l’identique il y a une dizaine d’années, est toujours en activité.

En ce début d’après midi ensoleillé qui en accentue la lumière bleutée, la piscine résonne du brouhaha d’un groupe scolaire venu s’entraîner. On peut distinguer la frise en forme de vague – qu’on avait vu reproduite dans l’exposition - au ras de l’eau, sur le rebord intérieur du bassin.

Un bassin qui , comme les marches et les lambris de l'entrée, les couloirs, les cabines de douche, les pédiluves, l’entrée, tout en camaïeux de bleus, porte la signature des ateliers Odorico.

Si la piscine, établissement public, a été rénovée, il n’en est pas de même de l’immeuble Poirier, du nom de l’architecte qui l’a construit en 1931. Les deux larges bandes de mosaïques aux motifs géométriques qui ornent la façade, au premier et au dernier étage, comme les rondins dorés de certains balcons mériteraient nettoyage et réfection pour en restituer l’éclat.

Ces mêmes motifs de mosaïques – inspirés  d’un décor de l’Exposition de 1925 – on les retrouve sur la façade d’une ancienne boutique, rue du Pont des Loges. Rien d’étonnant, il s’agit des surplus de l’immeuble Poirier. Les mosaïques Odorico ont souvent été utilisées par les commerçants pour moderniser et rendent plus attractives leurs boutiques.

 Il faut aussi savoir franchir la porte d’immeubles que rien pourtant ne distingue à l'extérieur - mais connu de notre guide - pour y découvrir la griffe Odorico dans les entrées, sur les sols, les cages d'escalier ou les lambris de mosaïques en dégradé qui ornent les murs.

Détail, salle de bain de la maison d'Isidore Odorico.
Détail, salle de bain de la maison d'Isidore Odorico. © Alain Amet - Musée de Bretagne

Et puis, bien sûr, la Maison d’Isidore Odorico, rue Joseph Sauveur. Réalisée en 1939-1940, sur le premier emplacement de l’entreprise, elle marque un tournant vers la « modernite »,  avec son volume cubique, sa façade jaune pâle de carreaux cassés sans ornements  et ses grandes baies vitrées soulignées d’un  rang de mosaïque noire.

Mais le coloriste se rattrape dans la salle de bains avec son motif bleu, brun, vert et or. Une salle de bain qu’on n’aura vue qu’en reproduction : un particulier est propriétaire de la maison interdite à la visite. Mais qu’on se rassure, il s’est engagé à laisser la salle de bain et la décoration intérieure en l’état.

On peut d’ailleurs s’étonner que le bâtiment n’ait pas été classé, ou tout au moins inscrit à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques, comme la  « Maison bleue » à Angers ou la villa "Le petit Carhuel" à Etables-sur-mer. Mais rien à Rennes, le berceau de l'entreprise Odorico. D’aucuns espèrent que l’exposition au musée de Bretagne permettra d’attirer l’attention sur ce patrimoine régional et les risques que la pollution -  et les promoteurs immobiliers - lui font courir … 

Un héritage dont l’inventaire n’est pas clos. Comme en témoigne  la surprise d’un nouveau sol Odorico repéré par notre guide  au rez-de-chaussée d’une maison, au hasard d’une porte qui s’est ouverte, alors que nous admirions, de l’autre côté de la rue, la demeure d’Isidore Odorico fils…

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