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Tunisie

Rendez-vous électoral dimanche

Louafi Larbi/Reuters
Texte par : RFI Suivre
4 mn

C’est ce dimanche que votent les Tunisiens. Elections législatives et présidentielle. Le président Ben Ali brigue un 5ème mandat, et devrait l’emporter haut la main, sauf grande surprise. En 2004 il avait obtenu 94 % des suffrages. Décryptage de ce scrutin.

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Le scrutin mode d’emploi

Quatre candidats pour un fauteuil présidentiel et plus de 1000 pour la chambre des députés qui comprend 214 sièges. Voilà pour les principaux chiffres de ce scrutin. Pour la première fois les jeunes de 18 ans participeront à une élection mais est-ce que ce demi million d’électeurs supplémentaires va se rendre aux urnes ? L’élection est vécue comme une formalité, ce qui n’incite guère les gens à aller voter.

Aucune observation d’envergure n’est prévue, et les représentants des partis politiques ne devraient pas être très nombreux à assister aux opérations de vote. Ils ne couvriront même pas le millier de bureaux de la capitale. Comme à l’accoutumée le président Ben Ali votera à Carthage mais loin des regards étrangers. Le service communication en charge des élections a déjà prévenu qu'il était inutile d’essayer d’accéder à son bureau de vote.

Une issue sans surprise

L’issue du scrutin ne fait guère de doute. L'élection n’est qu’une mise en scène, une formalité selon les détracteurs du chef de l’Etat. Zine el-Abidine Ben Ali, qui a succédé au président Bourguiba, totalise déjà 22 ans de pouvoir, et devrait conserver son fauteuil de président. Grâce à un amendement constitutionnel, qui date de 2002, les mandats ne sont plus limités en Tunisie. Le président sortant est âgé de 73 ans et c’est donc la 5ème fois qu’il se présente.

La nouvelle loi électorale limite par contre les candidatures. Pour ce scrutin, deux personnalités politiques qui ne remplissaient pas les nouvelles conditions ont été

Ahmed Brahim, leader du parti Ettajdid
Ahmed Brahim, leader du parti Ettajdid Marie-Pierre Olphand/RFI

exclues. Face au chef de l’Etat, se présentent deux adversaires accusés d’être dans sa majorité, Mohamed Bouchiha du Parti de l'Unité populaire (PUP) et Ahmed Inoubli de l'Union démocratique unioniste (UDU) et un seul opposant, Ahmed Brahim du mouvement Ettajdid (Renouveau).   

Pays modèle dans la région, pour ses performances économiques et sa stabilité, la Tunisie n’en est pas moins critiquée par les organisations de défense des droits de l’homme. Les opposants ont été encore cette semaine sous forte pression.

 L’horizon 2014

En théorie, ce mandat sera le dernier du chef de l’Etat. La constitution interdit en effet à tout candidat âgé de plus de 75 ans de se présenter.

Plusieurs scénarios sont déjà évoqués. Le premier est celui d’une 6ème candidature du président, grâce à un nouvel amendement constitutionnel qui ferait sauter ce verrou lié à l’âge.

Autre hypothèse, celle d’une candidature de son épouse. Cette campagne électorale a en effet été marquée par des apparitions très médiatisées de Leïla Ben Ali. La première dame, qui n’a pour l’instant aucun rôle institutionnel, a enchaîné meetings et interviews à la presse arabe pour défendre le programme de son mari.

Selon un rapport établi par un collectif d’associations, la presse écrite tunisienne lui a consacré 14% de son espace de couverture de la campagne, soit plus qu’à l'ensemble des huit partis d'opposition. « Rien ne l’empêcherait de se présenter, c’est une citoyenne comme les autres» assure un porte-parole du parti au pouvoir.

Ceux qui aspirent au changement s’inquiètent déjà, avec cinq ans d’avance, de voir une éventuelle succession familiale se préparer.

 

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