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Japon

Premier discours de politique générale de Yukio Hatoyama

Les parlementaires japonais applaudissent le premier ministre Yukio Hatoyama après son premier discours de politique générale au Parlement, le 26 octobre 2009
Les parlementaires japonais applaudissent le premier ministre Yukio Hatoyama après son premier discours de politique générale au Parlement, le 26 octobre 2009 Kim Kyung-Hoon / Reuters
3 min

Le nouveau Premier ministre japonais Yukio Hatoyama a prononcé, ce lundi devant le Parlement, son premier discours de politique générale depuis son élection le 16 septembre. Aucune précision n’a été apportée sur la manière dont il entend financer ses généreux plans sociaux, ni comment résoudre le différend avec les Etats-Unis à propos des bases américaines à Okinawa.

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Avec notre correspondant à Tokyo, Frédéric Charles

Devant le Parlement, Yukio Hatoyama s’est contenté de dénoncer les excès du capitalisme. Il a évoqué le millier de personnes en proie à des difficultés financières, qui se suicident chaque année au Japon. Il veut, pour y remédier, restaurer la tradition japonaise de soutien mutuel. Mais il s’est gardé de prononcer le mot « réforme ». Or, sans réforme, le Japon ne mettra pas fin à son déclin économique.

A propos des Etats-Unis, avant de recevoir à Tokyo, d’ici deux semaines, Barack Obama, Yukio Hatoyama était incapable de dire s’il va réinstaller une base d’hélicoptères américaine à Okinawa, sur une baie protégée, comme le lui demandent les Etats-Unis, s’il va déménager cette base ailleurs au Japon ou la fermer, au risque d’ébranler l’alliance avec le protecteur américain.

Yukio Hatoyama n’avait pas terminé le premier paragraphe de son discours de politique générale devant le Parlement que la Bourse de Tokyo commençait à baisser. Les investisseurs mais aussi la majorité des Japonais attendent du Premier ministre qu’il leur dise comment il va créer des emplois, sortir l’économie de sa déflation, réduire une dette publique qui atteindra entre 210% et 240% du PIB à la fin de l’année fiscale en cours, selon des estimations indépendantes.

La base militaire américaine d’Okinawa, une « humiliation » pour la population

« A la pointe de l'épée », c'est la devise des marines américains installés à Okinawa depuis 1945.

« Peu d'endroits à l'étranger ont autant de signification pour les Etats-Unis », peut-on lire sur le site internet de la base aérienne de Futenna, qui accueille 23 000 hommes, soit la moitié du contingent américain au Japon.

Située dans une zone urbaine, ce site militaire suscite la colère des riverains, ulcérés par les nuisances sonores et les incidents à répétition avec les marines depuis notamment le viol collectif d'une fillette de douze ans, en 1995.

La population d'Okinawa vit cette base comme une humiliation, car les soldats ayant commis des crimes relèvent d'une juridiction américaine et non japonaise. Voilà pourquoi elle milite pour la fermeture du site. Mais les Etats-Unis s'en tiennent à un accord signé en 2006 avec les conservateurs. Celui-ci prévoit le déplacement de la base vers le nord de l'île d'ici à 2014.

Conformément à ses promesses de campagne, le Premier ministre veut, lui, réviser cet accord et pourrait proposer à Barack Obama, lors de sa venue au Japon en novembre prochain, le déménagement de la base vers un autre endroit de l'archipel.

Au Pentagone, on refuse ce casse-tête logistique. Le bras de fer ne fait que commencer.

RFI

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