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Exposition

Rome antique : l'emprise de la peinture

Hercule et Telephus. Fragment de décoration de la basilique d'Herculanum. (50-79 ap.J.C.)
Hercule et Telephus. Fragment de décoration de la basilique d'Herculanum. (50-79 ap.J.C.) © Musée national d'archéologie, Naples
4 min

Pour fêter leurs dix ans d’existence en tant que musée aménagé par la célèbre architecte Gae Aulenti, le Scuderie del Quirinale, les anciennes écuries du Palais du Quirinal, proposent au visiteur, avec l’exposition intitulée Rome, la peinture d’un empire (1), un voyage artistique inédit au cœur de l’empire romain. Une époque où l’art le plus admiré n’était pas, contrairement à certaines idées répandues, la sculpture mais la peinture, omniprésente avec ses couleurs pastel ou flamboyantes, dans les maisons, les temples, les tombes et même sur les statues.

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Cette exposition inédite est une invitation à un voyage onirique dans l’univers esthétique de la société romaine - l’aristocratie surtout - du IIe siècle avant Jésus-Christ au IV siècle de notre ère. Un fabuleux voyage de Rome à l’oasis égyptienne du Fayoum, en passant par les villes de Pompéi et d’Herculanum, détruites par l’éruption du Vésuve en 79 après J.-C.

Ce qui frappe d’emblée, c’est la continuité entre l’Antiquité et le monde moderne qui montre à quel point les créateurs contemporains puisent toujours, consciemment ou non, dans l’esthétique gréco-romaine. En témoigne, par exemple, une figure féminine vêtue d’un péplum, retrouvée à Herculanum. La structure, à la fois simple et complexe des tuniques superposées, les drapés savants et sensuels, semblent tout droit sortis d’une des dernières collections du célèbre styliste italien Giorgio Armani.

Les Trois Muses. Fragment de décoration de la maison de Titus Dentatius Panthera à Pompéi, (54-68 ap.J.C.)
Les Trois Muses. Fragment de décoration de la maison de Titus Dentatius Panthera à Pompéi, (54-68 ap.J.C.) © Musée national d'archéologie de Naples

« Cette exposition a été conçue de manière à permettre au visiteur de se faire une idée précise de la grande qualité de la peinture romaine. Et aussi de mieux comprendre la relation entre l’art ancien et l’art moderne, à partir des techniques qui seront adoptées de la Renaissance jusqu’à l’Impressionnisme », souligne le professeur Eugenio La Rocca, commissaire de l’exposition. Et d’ajouter : « Le monde ancien était un monde coloré, capable de reproduire des événements historiques, mythologiques, mais aussi les aspects de la nature et de la vie quotidienne, en utilisant le réalisme et la poésie ».

Parmi la centaine de chefs d’œuvres - fresques, portraits en mosaïque ou sur verre, peintures sur bois - qui proviennent des sites archéologiques de Pompéi et Herculanum ou sont pretés par certains des plus prestigieux musées du monde comme le Louvre, le British Museum, les Statliche Museen de Berlin, le Musée archéologique de Naples et les Musée du Vatican, on redécouvre - grâce à une mise en scène et un éclairage très raffinés de Luca Ronconi et Margherita Palli - la profondeur et l’éclat du rouge Pompéien, notamment à travers une peinture murale de la Maison du Poète Tragique.

On plonge avec délice dans la vie quotidienne avec certaines images touchantes comme celle d’un paysan adossé à un mur, dialoguant avec son chien qui lui tend la patte (fresque retrouvée dans la Maison du bracelet d’or à Pompéi). La vie quotidienne, c’est aussi la scène de la distribution du pain dans la Maison du Boulanger ou encore les troublantes scènes érotiques, comme celle retrouvée dans la Maison de Cecilio Giocondo, toujours à Pompéi. 

On rêve devant des scènes bucoliques qui frappent par leur art de la perspective. Celle-ci rend vivants les personnages, les arbres, les animaux familiers aux Romains.
On s’émerveille devant la grâce d’une branche, d’une silhouette à peine esquissée ou de petites chèvres courant dans le paysage, comme on peut en voir sur une fresque de la Villa Farnesina à Rome.

Les paysages sont souvent enrichis de rappels de la mythologie gréco-romaine, fondamentale dans la culture romaine impériale, comme ce Mercure dominant une colonne sur la fresque du Triclinium de cette même Villa Farnesina. On se surprend à s’extasier exactement comme pour les natures mortes des Flamands et Hollandais, devant la transparence d’un verre ou d’un grain de raisin dans des fragments de décoration murale sur fond noir, retrouvés à Pompéi. Ou encore devant des peintures marines, dont une qui s'intitule Le combat entre une pieuvre une langouste et une murène ornait une maison du port fluvial de San Paolo à Rome.

Portrait féminin de Hawara, oasis du Fayoum, (110-130 ap.J.C.)
Portrait féminin de Hawara, oasis du Fayoum, (110-130 ap.J.C.) © Musée national d'Edimbourg, Ecosse.

La seconde partie de l’exposition qui concerne les trois premiers siècles après J.-C peut paraître, à prime abord, un peu décevante par rapport à la finesse d’exécution des fresques précédentes. On découvre cependant une succession de portraits dont le réalisme et la vivacité des traits sont à couper le souffle.

Ainsi, le portrait de femme, prêté par le musée d’Edimbourg, allie à la minutie du détail de la coiffure, à l’éclat des boucles d’oreilles, une expression d’ineffable mélancolie qui va droit au cœur du visiteur. Le visage d’homme peint sur verre retrouvé à Pompéi fait irrésistiblement penser à une photographie et les portraits d’homme, provenant des fouilles de Fayoum mènent tout droit aux figures christiques de la peinture byzantine.


(1) Jusqu’au 17 janvier 2010 aux Scuderie del Quirinale, piazza del Quirinale, Rome.

Coût de l'exposition : deux millions d’euros. Plus de la moitié des œuvres proviennent des sites archéologiques de Pompei et Herculanum (dont certaines jamais exposées à ce jour) et de divers musées Italiens.
 

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