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Dimo Böhme: « On ne savait pas que le pays allait s’effondrer aussi vite. »

Dimo Böhme.
Dimo Böhme. DR
3 min

Dimo Böhme a dix ans au moment de la chute du Mur. Durant les semaines qui précèdent, marquées par de nombreuses protestations contre le régime est-allemand, et la fuite de ses concitoyens vers l’Ouest, il est souvent devant sa télé avec ses parents pour suivre les infos. Le 9 novembre 1989 ne déroge pas à la règle...

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« On n’a pas vraiment compris les déclarations officielles pas très claires et pour nous ça n’était pas évident que le Mur était ouvert ». Sa famille ne se précipite pas à l’Ouest contrairement à beaucoup d'autres. 

Le lendemain, Dimo Böhme se rend normalement à l’école, dans ce quartier neuf à la périphérie de Berlin-Est. « Je ne me rappelle pas qu’on en ait parlé. Certains élèves manquaient à l’appel. Les enseignants étaient un peu tendus et ne savaient pas ce qui allait se passer ». Pour les parents de Dimo Böhme - sa mère est enseignante, son père est diplomate - commence une période d’incertitude. « On ne savait pas que le pays allait s’effondrer aussi vite, ni que des élections libres allaient avoir lieu cinq mois plus tard ».

C’est seulement au début de 1990 que les parents de Dimo décident de passer à l’Ouest. Ils rendent visite à une tante qui habite près de la frontière. « Mes parents n’étaient pas aussi curieux que d’autres. Mon père étant diplomate, nous avions pu voyager à l’étranger ». Dimo se rappelle en riant du souvenir rapporté de cette première visite à Berlin-Ouest, une cassette audio de Benjamin Blümchen, le Babar allemand.   

L’incertitude qui règnait chez les Böhme n’est pas injustifiée. Le père de Dimo va perdre son emploi au ministère des Affaires étrangères est-allemand. Pour son fils dont l’univers hors du foyer familial se résume encore surtout à l’école, c’est une période troublée qui commence. « Les années 1990-91 sont marquées par un chaos total. Les enseignants n’avaient plus aucune autorité. Un système avait fait faillite, le nouveau ne s’était pas encore mis en place. Personne ne savait ce qui allait se passer. On continuait à travailler avec les anciens livres ». Mais ce chaos de l’après-chute du Mur n’a pas laissé de traces chez ce premier de la classe. Dimo Böhme fait partie des gagnants de la réunification. Après des études d’économie à Berlin, il a étudié à Sciences-Po à Paris. Aujourd'hui, il travaille pour la fédération de la machine-outils sur l’avenue historique de la capitale allemande, Unter den Linden.

Mais même jeune et sans être au nombre des « perdants » de la réunification, le passé ne vous lâche pas. « Je suis citoyen de ce pays, mais je me sens Allemand de l’Est. Même les plus jeunes aujourd’hui ont une socialisation différente de celle d’Allemands de l’Ouest de leur âge. Ici on est plus chaleureux, plus solidaires et moins carriériste ». Cette socialisation différente donne naissance à ce qu’on appelle communément « l’ostalgie », la nostalgie de l’Est. « Je trouve ça tout à fait normal qu’on se rappelle sa jeunesse, les chansons qu’on a écoutées, les vêtements qu’on a portés, explique Dimo Böhme. La nostalgie ne concerne pas le régime est-allemand proprement dit. Tout le monde aujourd’hui sait que ce système ne respectait pas les libertés ce qui explique les événements de l’automne 1989. »

Des événements dont la commémoration ne provoque pas chez lui une euphorie spontanée. « Ça me laisse plutôt indifférent. Je n’aime pas trop les manifestations officielles. Mais c’est vrai, c’est une date extraordinaire, concède pourtant Dimo Böhme. C’est l’occasion de tirer un bilan de ce qui a été réalisé depuis avec les succès et les problèmes encore existants qui restent très importants dans l’ex-RDA ».

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