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Afghanistan / Présidentielle

Un second tour très incertain

Le retrait d'Abdullah Abdullah du second tour de l'élection présidentielle afghane devrait assurer le maintien au pouvoir du président sortant Hamid Karzaï.
Le retrait d'Abdullah Abdullah du second tour de l'élection présidentielle afghane devrait assurer le maintien au pouvoir du président sortant Hamid Karzaï. Reuters/Morteza Nikoubazl
Texte par : RFI Suivre
2 min

Abdullah Abdullah, candidat à l'élection présidentielle afghane du 7 novembre prochain, a décidé ce dimanche de se retirer de la course. Il laisse l'actuel président Hamid Karzaï seul en lice. Abdullah Abdullah a estimé qu'il ne pouvait participer au second tour de l'élection en raison des fraudes massives qui ont marqué le premier tour. Il a appelé ses partisans à ne pas manifester, et n'a pas appelé au boycott du scrutin. Sa décision pose de nombreuses questions quant à la poursuite du processus électoral.

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A la question de savoir s'il y aura bien un second tour, les autorités afghanes ont répondu oui. « Comme prévu », a dit l'un des membres de la très contestée Commission électorale indépendante. Une commission vivement critiquée par Abdullah Abdullah pour sa partialité en faveur d'Hamid Karzaï.

Selon ses membres, le délai de rétractation est passé et il est trop tard pour annuler le second tour. Il y aura donc bien des bulletins de vote marqués du nom d'Abdullah Abdullah le 7 novembre prochain et ils seront comptabilisés.

Si ce second tour a bien lieu, ce sera ensuite à la Cour suprême de décider si le scrutin est valide. Une décision qui ne pourrait intervenir qu'à l'issue du vote. Ce qui risque de faire polémique.

D'un point de vue électoral, l'utilité de ce scrutin est nulle, son organisation coûtera très cher, plus de 100 millions de dollars, et la sécurité des électeurs pose problème : on le sait, les talibans ont répété à plusieurs reprises qu'ils auraient recours à la violence pour entraver le bon déroulement du scrutin.

Seule solution envisageable pour éviter un second tour : la tenue d'une Loya Jirga, un conseil traditionnel rassemblant les chefs tribaux. Mais la légitimité d'Hamid Karzaï en sortira, quoi qu'il en soit, fragilisée.

Avec notre correspondant à Washington, Jean-Louis Pourtet

Faute de choix, l’administration Obama est résignée à avoir pour partenaire Hamid Karzaï. Hillary Clinton a donné le ton dans un courriel adressé à la presse depuis le Maroc: « Nous appuierons le prochain président et le peuple afghan qui cherche et mérite un avenir meilleur » écrit-elle, formulant le voeu qu’Abdullah Abdullah joue un rôle actif dans la vie politique de son pays.

Deux proches conseillers du président, David Axelrod et Valerie Jarrett ont affirmé  sur CBS et ABC que le retrait du candidat tadjik n’aurait pas d’effet sensible  sur la décision que doit prendre dans les prochaines semaines Barack Obama concernant la nouvelle stratégie américaine en Afghanistan. 

Sur CNN, John Boehner, chef de la minorité républicaine  à la Chambre estime qu’Abdullah s’est retiré car il savait qu’il allait perdre. Cela ne devrait pas gêner le processus de réflexion en cours à propos de l’envoi de renforts, ajoute-t-il.

Le sénateur indépendant, Joe Lieberman, est le seul à avoir eu un mot aimable pour Karzaï : « Cessons de lui taper dessus et aidons-le à former le gouvernement dont nous avons besoin, car l’ennemi, ce n’est pas lui, ce sont les talibans ».

 

 

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