Revue de presse Asie et Pacifique

A la une : L'Afghanistan après le retrait d'Abdullah Abdullah du second tour de la présidentielle

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Pas de second tour pour Abdullah Abdullah

En Afghanistan, après le retrait d'Abdullah Abdullah de la course à la présidentielle, les journaux du continent se demandent si le second tour de l'élection a encore une raison. Le Dr Abdullah avait peu de choses à gagner de ce second tour, sauf que depuis son retrait de l'élection « l'Afghanistan est davantage plongé dans le chaos », écrit Paul Mcgeough, l'envoyé spécial du Sydney Morning Herald à Kaboul. « La décision d'Abdullah Abdullah met surtout, poursuit le reporter, les forces internationales dans l'embarras. » Car, pour le coup, le deuxième tour de l'élection présidentielle « n'a plus aucun sens », selon notre confrère. « Alors maintenant que faire », s'interroge-t-il ? Le journaliste envisage trois scénarios. Le premier, le moins plausible à ses yeux : que le scrutin ait lieu. « On voit mal, explique Paul  Mcgeough, pourquoi les généraux occidentaux enverraient leurs soldats se faire tuer pour une élection qui n'a plus d'intérêt. »

Deuxième scénario, commente l'envoyé spécial du Sydney Morning Herald, la Cour suprême afghane pourrait être appelée à la rescousse pour que Hamid Karzaï soit déclaré vainqueur, sans avoir recours au vote. Enfin troisième solution : l'organisation d'une assemblée traditionnelle, l'une de ces « Loya Jirga », qui pourrait rapidement se rassembler afin d'apporter de la crédibilité au vainqueur, le président sortant, qui souhaite, il l'a fait dire à son porte-parole que l'élection se tienne comme prévu. Voilà donc tous les acteurs du chaos électoral afghan face à de nouveaux choix. La population afghane, elle, assiste impuissante à ces petits déchirements entre ennemis qui tiennent pour beaucoup de la basse manœuvre politique.

Exilés afghans à Hong Kong

L'Afghanistan est aussi à la une du South China Morning Post mais pour une autre raison. Certes cette histoire n'a rien à voir avec l'élection proprement dite mais elle est liée, bien sûr, à la guerre qui sévit en Afghanistan. Le grand journal de Hong Kong constate en effet, ce lundi, l'arrivée clandestine des premiers exilés afghans sur le territoire de la région administrative spéciale. Neuf Afghans, dont un couple avec leurs deux enfants âgés de 3 et de 4 ans ont été interceptés dimanche matin sur un petit bateau. A bord, il y avait aussi des Pakistanais et des Népalais : 19 personnes en tout sur une minuscule embarcation d'à peine quelques mètres de long.

« Il n'y avait aucune lumière, pas de gilets de sauvetage », rapporte au South China Morning Post un officier de police. Ce dernier précise que ces migrants ont payé pas moins de 300 euros pour venir de la région de Shenzen, c'est-à-dire de Chine continentale. Alors que les enfants ont été amenés à l'hôpital, tous les adultes se trouvent désormais en détention. C'est là que les migrants d'Asie du sud finissent en général avant de pouvoir éventuellement demander l'asile politique.

Le South China Morning Post rappelle qu'en mars dernier, un tribunal local avait décidé qu'un clandestin employé à Hong Kong n'était pas en contradiction avec la loi. Depuis, s'inquiète le journal, « les autorités ont arrêté plus de mille migrants non chinois. ». Chaque mois, il y aurait quelque 260 demandes d'asile alors qu'il n'y en avait que 183 en 2008 à la même époque.

Immigration indonésienne : retour à la maison

Les questions d'immigration sont aussi au cœur de l'actualité en Indonésie. Là-bas, le gouvernement, nous annonce le Jakarta Post, va rapatrier 1 750 migrants indonésiens partis travailler dans les pays du Golfe. Le 9 novembre prochain 1 000 Indonésiens seront rapatriés d'Arabie Saoudite et 750 autres arriveront du Koweït. Pourquoi ? Parce que ces hommes, souvent jeunes se sont retrouvés dans des situations inextricables, exploités le plus souvent sans contrat de travail, sans papiers, ni couverture maladie. A l'avenir, précise le Jakarta Post, le gouvernement veut mieux réglementer le secteur des agences de placement à l'étranger qui sont très nombreuses en Indonésie. L'une des mesures envisagées : une formation obligatoire de deux-cents heures que ces agences devraient dispenser aux candidats au départ pour qu'ils sachent à quelles conditions de travail et de vie ils seront confrontés dans leur pays d'immigration.

Noir et Chinoise

Elle est belle, elle a une voix magnifique, mais si on parle d'elle en Chine, c'est surtout parce qu'elle est noire. Elle, c'est Lou Jing une jeune étudiante chinoise de 20 ans : l'une des cinq finalistes d'un jeu de chansons diffusé sur la chaîne Dragon TV, basée à Shangaï. « Oriental Angel », (l'Ange oriental), c'est le nom de ce show télévisé qu'adorent, en France, les ados et les trentenaires régressifs. Depuis plusieurs semaines, nous explique le New Zealand Herald, « cette jeune femme issue d'une relation adultère entre une Chinoise et un Afro-Américain est au centre d'un débat et d'une polémique sur le racisme en Chine. »

Dragon TV aurait longtemps hésité avant de recruter Lou comme candidate. La chaîne a surtout flairé le bon coup, sachant qu'une jeune fille noire allait susciter l'intérêt. De l'intérêt peut-être... mais pas un tombereau d'insultes, postés chaque jour sur les forums Internet de discussions qui sont, en Chine, de rares espaces de liberté. Voilà ce que l'on peut y lire : « que des Jaunes et des Noirs se mélangent ainsi, ça me dégoûte ! ». Autre commentaire « cette salope a le toupet de se montrer à la télévision. Je ne sais plus quoi dire. On a atteint le sommet de la honte. » « Je considère ces remarques comme choquantes et très déplacées », a raconté Lou sur le site Neteast News. La jeune fille a beau répété qu'elle est une pure Shanghaïaise. Son accent le prouve. Rien n'y fait. Les insultes continuent.

Puisque ni les autorités centrales, ni les autorités locales ne réagissent à cette furie qui déferle sur le net chinois. Certains commentateurs expriment à Lou leur soutien, comme Hung Huang qui écrit sur son blog : « Obama vient d'entrer à la Maison Blanche, nous devrions accepter cette fille, comme elle est, avec sa couleur de peau. » Ces soutiens qui viennent surtout du monde chinois du spectacle ont décidé le très officiel China Daily à faire entendre sa voix. L'un de ses meilleurs éditorialistes a été dépêché pour écrire : « il y a deux facteurs à l'œuvre dans cette histoire. La population considère d'un côté que Lou n'est pas à 100% Chinoise et que quiconque se marie avec un étranger est un traître. Il est grand temps, dit Raymond Zhou, que nous parlions des problèmes raciaux et ethniques avec calme et mesure, si nous voulons vraiment entrer dans l'ère de la globalisation. »

Il est vrai qu'en Chine, la société harmonieuse prônée par le président Hu Jintao, ce n'est pas pour demain !

 

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