Etats-Unis

Afghanistan/ Pakistan: le piège

Des soldats américains s'apprêtent à s'envoler pour la province de l'Helmand, au sud de l'Afghanistan, le 2 juillet 2009.
Des soldats américains s'apprêtent à s'envoler pour la province de l'Helmand, au sud de l'Afghanistan, le 2 juillet 2009. AFP/ Manpreet Romana

Le candidat Obama avait fait de l’Afghanistan sa priorité dans la lutte antiterroriste. Le président Obama se trouve aujourd’hui prisonnier du piège afghan.

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Il fut un temps, pas si lointain, où Hamid Karzaï était présenté comme le bon élève de la communauté internationale et notamment des Etats-Unis. Il portait l’espoir de l’Occident de ramener l’Afghanistan sur le chemin de la démocratie. Huit ans plus tard, ce partenaire digne de foi s’est transformé en problème. Hamid Karzaï est devenu le symbole de presque tous les maux contre lesquels se battent les alliés occidentaux dans le pays : une corruption galopante, dont bénéficient ses proches et les gouverneurs qu’il a installés au pouvoir, le trafic de drogue, grâce auquel son propre frère gagne des millions. C’est ce que les Américains appellent la « bad governance ».

 
Après sa confirmation à la tête de l’Etat afghan pour un deuxième mandat, suite au retrait de son rival Abdullah Abdullah du deuxième tour de l’élection présidentielle, la Maison Blanche a laissé entendre que Hamid Karzaï devrait prouver qu’il est prêt pour un nouveau départ afin de regagner en crédibilité. Mais personne ne sait exactement comment Washington pourrait l’y obliger.

Le candidat Obama avait fait de l’Afghanistan sa priorité dans la lutte antiterroriste. Le président Obama se trouve aujourd’hui prisonnier du piège afghan. Le général Stanley McChrystal, commandant des forces américaines et internationales en Afghanistan, réclame l’envoi de 44 000 soldats américains supplémentaires. Barack Obama, qui a déjà doublé le nombre de troupes stationnées dans le pays (70 000 aujourd’hui), hésite. Aux Etats-Unis, l’opinion publique est divisée : début octobre, 48% des Américains étaient favorables à un renforcement des troupes américaines en Afghanistan, 45% y étaient farouchement opposés (sondage Gallup), craignant un enlisement comme au Vietnam. En effet, les pertes américaines sont de plus en plus lourdes sur le terrain. Au mois d’octobre, une soixantaine de « boys » ont trouvé la mort sur les champs de bataille afghans. Après des mois de réflexion, Barack Obama devrait annoncer sa décision avant le 11 novembre, date du début de sa tournée en Asie. 

Le Pakistan voisin, qui a voulu apparaître comme le meilleur allié de Washington dans la lutte contre les talibans et Al-Qaïda, a de son côté également reçu un sérieux avertissement de l’administration Obama: « Al-Qaida a trouvé abri au Pakistan en 2002 », a lancé la secrétaire d’Etat Hillary Clinton. « Je trouve difficile de croire que personne dans le gouvernement pakistanais ne sache où ils sont ni ne puisse les arrêter, si on le voulait vraiment ». Pendant ce temps, les talibans multiplient leurs attaques au Pakistan. Le mois dernier, un spectaculaire attentat a fait au moins 105 victimes sur un marché de Peshawar, dans le nord-ouest du pays.

 

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