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Mexique / Multimédia

Miracle économique et inégalités au Querétaro

Chez Bombardier, on préfère la main d'oeuvre féminine pour  le travail minutieux des lassos électriques.
Chez Bombardier, on préfère la main d'oeuvre féminine pour le travail minutieux des lassos électriques. P.Gouy/RFI
Texte par : Patrice Gouy
4 mn

Reportage dans l’Etat de Queretaro, au nord de Mexico. Grâce aux accords économiques avec les Etats-Unis, la région s’est développée, dans des domaines aussi divers que l’aéronautique ou la culture de l’avocat. Mais les inégalités sociales se sont aggravées.

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Avec l'ALENA signé en 1994, le Mexique rêvait de se rapprocher du monde développé en attirant des investissements étrangers et en bâtissant un secteur industriel à forte valeur ajoutée. Ce traité a permis une certaine modernisation du pays, liant étroitement les économies de l’Amérique du Nord, créant une région compétitive, avec des échanges inégalables qui sont passé de 50 à 386 milliards de dollars. 

L’Alena a aussi permis à certains Etats comme ceux du Querétaro ou du Michoacán de se dynamiser en développant des produits d’exportations ou en attirant des investisseurs étrangers.

L’Etat de Querétaro, à 200 km au nord de Mexico, a décidé de profiter à fond de la signature de l’Alena pour s’ouvrir aux hautes technologies. Depuis une dizaine d’année, ses universités produisent des ingénieurs aux entreprises d’informatique et d’électronique. Mais c’est l’installation du groupe canadien Bombardier qui fait aujourd’hui référence. Il est le moteur d’un pôle aéronautique qui regroupe déjà 10 avionneurs et leurs sous-traitants.
 

L’université nationale aéronautique de Querétaro s’est donc installée sur l’aéroport aux cotés de Bombardier. C’est un immense hangar, avec des étudiants qui apprennent à faire des lassos électriques, à fraiser des pièces d’aluminium au micron prêt, à utiliser du matériel aéronautique de haute précision.

Pour accompagner ce développement et attirer les investisseurs étrangers et mexicains, la ville de Querétaro à modifié son aspect. Elle est devenue la ville la plus sûre du Mexique. Très propre, surveillée par l’armée et la police, l’Unesco l’a déclarée patrimoine mondial de l’humanité. Le centre historique, constitué de places, placettes et de belles demeures coloniales, a été totalement restauré. L’objectif du gouvernement était de rendre la ville attirante pour que la classe moyenne et le personnel des nombreuses compagnies étrangères aient l’impression de se trouver dans une ville occidentale.

Le revers de la médaille est bien sûr le développement très inégalitaire de la ville, avec l’évacuation dans les banlieues sordides des populations pauvres et un chômage important.

De l’aéronautique à l’avocat

Dans l’Etat du Michoacán, il y a 14 000 producteurs d’avocats. Il y a 15 ans, avec la signature de l’Alena, les Etats-Unis ouvraient leurs frontières à l’avocat mexicain. Cela faisait 85 ans que le Mexique ne pouvait exporter ce fruit aux Etats-Unis sous des prétextes phytosanitaires. Les « nouveaux entrepreneurs agriculteurs » financés par les budgets de développement fédéraux, ont su tirer le meilleur parti de l’Alena, comme le groupe Coliman, exportateur d’avocats dans le monde entier.

Des bureaux de logistique et une mécanisation des entreprises d’empaquetage permettent au Michoacán de vendre 1 million de tonnes d’avocats par an dont 300 000 tonnes sont exportées dans le monde entier. 

Mais ce Mexique, qui s’empare de multiples secteurs modernes à forte valeur ajoutée, est encore à la traine. L’Alena a certes contribué à transformer le Mexique mais les gouvernements libéraux qui se succèdent au pouvoir depuis 20 ans, n’ont favorisé que les industries d’exportation sans jamais engager de véritable politique qui permette un développement du marché intérieur. Ils ont également été très sélectifs, offrant opportunités, position de monopoles et crédits bancaires à un cercle d’ami, développant une oligarchie dont les objectifs ne sont pas de diminuer les inégalités sociales ni de mieux répartir les richesses.

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