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Nucléaire / France / Finlande

La sécurité de l'EPR mise en doute

Vue du réacteur à eau pressurisée de la troisième génération (EPR), du chantier d’EDF à Flamanville, dans le nord-ouest de la France, le 13 octobre 2009.
Vue du réacteur à eau pressurisée de la troisième génération (EPR), du chantier d’EDF à Flamanville, dans le nord-ouest de la France, le 13 octobre 2009. AFP/Mychele Daniau
Texte par : RFI Suivre
3 min

Un nouveau revers pour l'EPR, le réacteur nucléaire de troisième génération. Les autorités de sûreté nucléaire Britannique, Française et Finlandaise, demandent à Areva et à EDF de revoir le système de contrôle, qui se trouve au coeur du réacteur. La critique porte sur la trop grande interconnexion entre deux systèmes de contrôle, supposés être indépendants.

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La démarche est sans précédent dans le secteur du nucléaire et les conséquences pour Areva et pour EDF pourraient être très lourdes. Ce qui est remis en question, c'est en effet l'un des élements fondamentaux de l'EPR à savoir son système de sécurité et de pilotage automatique en cas de défaillance. Selon les trois agences de sûreté, le logiciel de l'EPR ne garantit pas un niveau de sécurité satisfaisant. Areva et EDF sont donc sommées de revoir leur copie, d'ici juin 2010.

Ce contretemps aura-t-il un impact majeur sur les deux réacteurs en construction, l'un en Normandie, l'autre en Finlande ? Areva et EDF estiment, ce mardi, que le problème peut être réglé en quelques mois. Ils soutiennent que la conception même de leur logiciel n'est pas en cause.

L'enjeu est de taille : l'EPR est au coeur de la stratégie de développement international d'Areva. C'est en Finlande sur la presqu'île d'Eurajoki que les malheurs de l'EPR ont débuté. A l'origine, le chantier devait durer quatre ans et coûter trois milliards d'euros. Dans le meilleur des cas, l'EPR finlandais ne fonctionnera qu'en 2013, pour un surcoût de deux milliards d'euros. Mise en cause dans ces retards et dans une facture qui n'en finit pas de grimper : la rigueur de la procédure finlandaise, sur la validation des travaux. Une procédure tatillonne et bien trop lente, aux yeux d'Areva...

Une image ternie

Aux problèmes techniques est venu s'ajouter un conflit juridique : Areva et son client, l'électricien TVO se renvoient en effet la responsabilité des retards et se réclament des indemnités chiffrées en centaine de millions d'euros.

Cette affaire va renforcer la longueur d'avance de l'EPR car une fois cette étape franchie, il sera quasiment en fin de processus de certification vis-à-vis des autorités de sûreté.

Jacques Emmanuel Saulnier, porte-parole d'Areva

De plus, il y a le deuxième chantier de l'EPR : celui de Flamanville, en Normandie. La facture a dû être revue à la hausse, tout comme le nombre d'ouvriers employés sur le site. Le calendrier sera, là encore, difficile à tenir.

Maintenant, avec cette mise en garde des autorités de sûreté nucléaires, c'est un nouvel écueil qui se dresse devant l'EPR. Ce mardi matin, EDF et Areva affirmaient que les doutes formulés par les trois agences pourraient être levés dans les prochains mois. Cette nouvelle avanie risque néanmoins de ternir un peu plus à l'étranger l'image d'un réacteur présenté comme l'avenir de l'industrie nucléaire.

LES COUACS D'UN SYSTEME

Remis en cause par les trois autorités de sûreté nucléaire : le logiciel de contrôle-commande, véritable cerveau du réacteur nucléaire EPR. Celui-ci permet en effet à la fois de piloter au jour le jour la centrale et de l'arrêter en urgence en cas d'incident. C'est cette simultanéïté qui a été critiquée dès avril dernier par l'Inspection britannique des installations nucléaires. Les deux systèmes doivent  être en effet indépendants pour que l'un fasse fonctionner le réacteur et que l'autre assure la sécurité.

Dans l'état actuel, EPR ne répond pas à ce niveau de sécurité requis. En conséquence, Areva, le fabriquant français d'EPR et l'exploitant EDF doivent améliorer la conception initiale du réacteur nucléaire. L'Autorité francaise ASN demande donc de préparer un plan B très activement pour que la mise en service du réacteur finlandais, notamment, soit la plus rapide possible. Attendu dès la mi-2012, ce chantier déjà très en retard, pourrait bien durer encore six mois de plus.

 

 

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