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Prix littéraires

Dany Laferrière, prix Médicis 2009

Dany Laferrière.
Dany Laferrière. C. Beauregard
Texte par : Elisabeth Bouvet
4 mn

L’écrivain canadien d’origine haïtienne a reçu ce mercredi le prix Médicis 2009 pour son roman L’Enigme du retour, publié aux éditions Grasset. Le prix du roman étranger a quant à lui été attribué à l’Américain Dave Eggers pour Le grand quoi (Gallimard). Deux récompenses accordées au premier tour. Enfin le Médicis de l'Essai est revenu à Alain Ferry pour Mémoire d'un fou d'Emma (Seuil).  

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En 2001, il se disait fatigué et prêt à renoncer à écrire. Fausse alerte, et c’est heureux car depuis cette date, Dany Laferrière a publié 5 livres dont celui qui lui vaut aujourd’hui de recevoir le prix Médicis, L’Enigme du retour (Grasset), titre qui du reste, au-delà de la part autobiographique que comporte ce roman, pourrait résumer le parcours de l’auteur nord-américain. 

S’il est né en effet à Port-au-Prince en 1953, Dany Laferrière partage en fait sa vie entre Miami et Montréal, ayant dû quitter son île natale en 1974 pour échapper aux « tontons macoutes » du dictateur Jean-Claude Duvalier. Il n’écrit pas encore à l’époque, si ce n’est dans la presse. Réfugié au Québec, il publie son premier roman en 1985. Essai transformé : Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer est un succès, est même traduit dans plusieurs langues, et quatre ans plus tard, adapté au cinéma. Bref, la carrière de Dany Laferrière en tant qu’écrivain est immédiatement lancée.

Près d’un quart de siècle plus tard, Dany Laferrière a publié une vingtaine d’ouvrages au nombre desquels Cette grenade dans la main du jeune nègre est-elle une arme ou un fruit ?, Pays sans chapeau ou encore Vers le sud (2006) que le cinéaste français Laurent Cantet portera à l’écran avec la complicité de Dany Laférrière himself. Si ses livres traitent tous de la question de l’exil et de l’identité, son dernier récit L’Enigme du retour raconte précisément le retour du narrateur, derrière se dissimule à peine l’auteur, en Haïti après plus de trente ans d’exil, et surtout après la mort de son père, lui-même contraint à l’exil par le père de Jean-Claude Duvalier, le dictateur Papa Doc.
 

Réécoutez l'émission «Culture vive» du 21 septembre 2009.

Roman du mouvement qui mène alternativement le narrateur de Montréal à New York puis à Port-au-Prince, L’Enigme du retour mêle également les genres avec notamment l’incursion dans la fiction, et pour la première fois, des propres poèmes de Dany Laferrière. On pourrait aussi parler de ses références explicites aux peintres primitifs, dans cette profusion de couleurs, d’ambiance et de rires. Il a dit avoir voulu « mitrailler la réalité comme un photographe, pour être au plus près du présent qui contient le passé », seul moyen selon lui de réapprendre un pays quitté trente deux ans plus tôt. Autant d’émotions rapportées sur un calepin et qu’il livre avec le souci, là encore non dissimulé, d’« intoxiquer le lecteur pour qu’il perde pied ». Il a en tout cas brillamment réussi à faire perdre la tête aux jurés du Médicis.

Tout comme le jeune Américain Dave Eggers, 39 ans, prix du roman étranger pour Le grand quoi (Gallimard) tandis que le Médicis essai est venu récompenser Alain Ferry pour Mémoire d'un fou d'Emma (Seuil).
 

L’Association nationale des éditeurs de livres se félicite de cette distinction amplement méritée pour un roman au style très original... publié par la maison Boréal qui espère bien doubler les ventes déjà très conséquentes... L’octroi du Médicis pourrait aussi donner à l’éditeur québécois une plus grande crédibilité internationale

Les réactions au Québec

  

 

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