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Revue de presse Amériques

A la une : Un anniversaire terni par des revers électoraux

Texte par : Michèle Gayral
4 min

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La presse américaine fait une large place aux revers électoraux qui marquent le premier anniversaire de l'élection de Barack Obama. Le Washington Post titre sur « l’avertissement aux démocrates : nous ne sommes plus en 2008 ». « La configuration changeante des électorats des deux Etats (Virginie et New Jersey) a révélé des fissures dans la coalition de 2008 et démontré que, à ce stade, les républicains ont la dynamique pour eux dans la perspective des élections de mi-mandat l'an prochain » explique le grand journal de la capitale qui ajoute : « Le changement le plus important est venu des électeurs indépendants, qui avaient solidement soutenu les démocrates en 2006 et 2008, mais qui ont voté mardi de façon décisive en faveur des républicains ».
Républicains qui, selon le Los Angeles Times, « ont dissipé toute notion d'invincibilité électorale du président Obama ». Mais le quotidien californien tempère le sentiment de victoire des opposants à Barack Obama : « L'Histoire suggère que ces élections isolées sont loin de valoir pronostic pour l'avenir », relève-t-il, et d'ailleurs « les démocrates peuvent trouver du réconfort dans les résultats de mardi, puisqu'ils ont raflé un siège à la Chambre des représentants, traditionnellement républicain, dans l'extrême Nord de l'Etat de New York ».
De son côté, le New York Times titre : « Un an après leur naufrage, l'espoir des républicains se ranime ». D'après le journal, tous les indices montrent que « l'électorat jeune et afro-américain qui soutenait Obama ne s'est pas cette fois rendu aux urnes à l'aide des candidats démocrates pour lesquels Obama avait fait campagne ».

Au sud aussi...

La presse latino-américaine s'intéresse elle aussi à cet anniversaire assombri par des revers électoraux. Depuis le journal chilien Mercurio qui note « Du yes we can, au yes may-be », jusqu'au titre du mexicain Excelsior : « Obama, sans rien à fêter », l'événement n'a pas échappé à la presse du Sud. En Colombie, l'Espectador parle d'une « révolution en suspens », encore « à définir ». « Un an après la victoire, peut-on lire dans ce journal de centre-gauche, le ‘Yes we can’ que les militants crient toujours dans les meetings sonne artificiel ; il a perdu de son éclat, de même que le mouvement qu'il symbolise. La révolution qui a commencé le 4 novembre 2008 conserve tout son potentiel de transformation, mais elle n'a plus l'énergie juvénile de cette nuit électorale qui a vu des centaines de milliers de personnes sortir spontanément dans les rues pour fêter l'événement le plus marquant de ce siècle ». Mais le « talon d'Achille d'Obama, jour après jour, c'est le manque de résultats tangibles pour les citoyens nord-américains ».

Le juge de paix refusait les mariages mixtes

Barack Obama, si l'on en croit les mésaventures d'un juge en Louisiane, n'a pas encore réussi non plus sa révolution post-raciale : c'est une étonnante histoire que raconte ce matin le Times Picayune, le journal de la Nouvelle-Orléans : celle d'un juge de paix qui, dans ce lointain Etat d'un sud profond aux racines françaises, « refusait de marier les couples mixtes interraciaux ». Une pratique routinière, précise le journal, que l'homme justifiait en assurant que « les enfants nés de tels mariages allaient souffrir ». Après une campagne de pressions menée par le gouverneur et l'un des sénateurs de la Louisiane, le juge a fini par donner hier sa démission.

La mort de Claude Lévi-Strauss

Un Français célèbre dont la mort est partout commentée ce matin, c'est l'anthropologue Claude Lévi-Strauss. Le journal brésilien Estado de Sao Paulo lui consacre un long article. Il faut dire que l'anthropologue et philosophe, qui vient de mourir à l'âge de 100 ans, avait beaucoup travaillé auprès des populations indigènes brésiliennes. Durant sa carrière de dix décennies, précise Estado, il a écrit des livres tels que Saudades do Brasil, dont le journal publie plusieurs illustrations en noir et blanc montrant un jeune chercheur barbu auprès des Indiens.
Au Canada, c'est Le Devoir qui fait sa une sur la mort du savant, avec le titre « Cent ans de sollicitude... Le long chemin d'un ethnologue pour la diversité culturelle ». « Il n'aimait guère le méchant monde moderne boulonné à la tyrannie du progrès, peut-on lire dans lequotidien du Québec, et préférait la riche mythologie des ‘sauvages’, ces ‘peuples primitifs’ dont il a largement contribué à ennoblir la réputation ». Le Devoir célèbre la « brillante voltige intellectuelle » de Claude Lévi-Strauss, mais aussi sa « délicate attention aux détails ». En citant cette précision donnée par l'éminent intellectuel dans l'un de ses ouvrages : « Les cannibales ont tendance à préférer leurs amis bouillis, et leurs ennemis rôtis »... 

 

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