Afghanistan

ONU : pas d'évacuation mais un redéploiement des employés

Le représentant de l'ONU Kai Eide prononce une oraison funèbre le 3 novembre devant les cercueils de deux employés tués lors de l'attentat à Kaboul.
Le représentant de l'ONU Kai Eide prononce une oraison funèbre le 3 novembre devant les cercueils de deux employés tués lors de l'attentat à Kaboul. REUTERS/Oleg Popov

L’ONU parle d’un redéploiement provisoire après la décision d’évacuer plusieurs centaines de ses employés, du personnel jugé «non essentiel». Une décision qui intervient une semaine après l’attaque des talibans qui avait tué cinq expatriés de l'organisation dans leur résidence à Kaboul. Pour de nombreux Afghans, cela ressemble à un retrait même s'il est temporaire.  

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Avec notre correspondant à Kaboul, Nicolas Bertrand

  
«Il ne s’agit pas d’une évacuation, martèle le représentant des Nations unies en Afghanistan , simplement d’une relocalisation».  

Dans les faits pourtant, plus de la moitié des étrangers employés des Nations unies, au moins six cent personnes, vont quitter le pays pour une période indéterminée, au moins plusieurs semaines.

Nous ferons un état des lieux tous les jours ; cette situation pourra durer plusieurs semaines.

Alim Siddique, porte-parole de la mission de l'ONU en Afghanistan

 
Les employés qui resteront seront, eux, rassemblés sur un grand campement ultra-sécurisé, comparable à la zone verte de Bagdad.

Cette décision n’intervient pas par hasard. Il y a huit jours, une attaque spectaculaire contre un logement de l’ONU avait coûté la vie à cinq de ses employés. Des talibans avaient réussi à pénétrer dans le bâtiment à l’aube, avant de se faire exploser.  

Mais pour de nombreuses ONG qui continuent leur travail en Afghanistan, cette forte réduction de la présence des Nations unies n’est pas un bon signal, ni pour les talibans qui pourraient y voir une victoire, ni pour les Afghans qui pourraient tous se sentir abandonnés.

Pourtant, l’ONU n’a pas écarté l’éventualité d’un départ complet d’Afghanistan si les choses ne s’améliorent pas et si le gouvernement ne montre pas rapidement sa volonté de changement.

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