Revue de presse des Amériques

Rumeurs de coup d’Etat au Paraguay

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Le président paraguayen Fernando Lugo a limogé mercredi les trois principaux généraux du pays, les commandants de l’armée de terre, de l’armée de l’air et de la marine. Vingt-quatre heures auparavant, il avait démenti publiquement les rumeurs de possible putsch militaire.

Selon Ultima Hora, cela pourrait bien être ce jeudi au tour du chef d’état-major des forces armées. Le journal précise que c’est le troisième coup de balai dans l’armée, depuis l’arrivée au pouvoir de Fernando Lugo il y a un an et demi.

Faute d’explication officielle à ce grand ménage, Ultima Hora décrypte ce triple limogeage : le président du Paraguay, fort contrarié par les discussions qui auraient eu lieu ces derniers jours entre ces généraux et des dirigeants de l’opposition conservatrice, a ressenti le besoin de placer des hommes de confiance à la tête de l’armée. Et s’il a promis mardi que rien ne l’empêcherait d’aller au bout de son mandat en 2013, il a également admis qu’il y avait « des poches de comploteurs » parmi les hommes en uniforme.

« Tout cela intervient dans un contexte de forte sensibilité en Amérique latine, à partir de l’expérience du hondurien Manuel Zelaya, renversé en juin par un coup d’Etat », analyse Clarin. Le quotidien argentin explique que Fernando Lugo, un ancien prêtre, qui a mis fin l’année dernière à 60 ans de domination du parti conservateur Colorado au Paraguay, est aujourd’hui durement critiqué pour sa proximité avec le vénézuélien Chavez. Il est même menacé de destitution par le Parlement, où la droite est majoritaire. « Sa faiblesse politique est aggravée par les dénonciations de parternité », concernant cet ancien prêtre catholique, ajoute Clarin.

Le journal paraguayenLa Nacion rapporte pourtant que Fernando Lugo a reçu hier le soutien appuyé de l’ambassadrice des Etats-Unis à Ascuncion, qui a, elle aussi, balayé les rumeurs de coup d’Etat. C’était quelques heures avant le limogeage des trois généraux, qui ne fait, évidement, que relancer les spéculations, dans un pays qui, il y a 20 ans, vivait encore sous la féroce dictature du général Alfredo Stroessner.

Les leçons du New Jersey et de la Virginie

Aux Etats-Unis, les éditorialistes se penchent sur les enseignements des élections partielles de mardi. « Les résultats rendent certains démocrates nerveux », écrit que Los Angeles Times, après la double défaite du New Jersey et de la Virginie. « Avec les indépendants qui ont préféré voter républicain, de nombreux parlementaires modérés se demandent s’ils ne vont pas perdre eux aussi (lors des élections de mi-mandat l’année prochaine), à force de suivre Obama sur les questions les plus controversées », analyse la quotidien californien.

Même tonalité pour le Washington Post, qui estime que « si les centristes en sortent fortifiés et que cela permet d’insister sur un plan de financement crédible pour la réforme de l’assurance-santé, alors les scrutins de mardi auront eu des conséquences bénéfiques ».

Le New York Times pense exactement l’inverse : « M. Obama et les démocrates ne doivent pas tirer les mauvaises leçons (de ces scrutins) et devenir timorés sur les chantiers vitaux de l’assurance-santé et de la relance de l’économie pour créer des emplois. A un moment, ils devront au contraire serrer les dents et augmenter les impôts pour financer tout ça ».

Le Prix Médicis de Denis Laferrière, vu de Haïti…

Le Prix Médicis 2009 a été décerné mercredi à l’écrivain canadien d’origine haïtienne Dany Laferrière pour son roman L’énigme du retour. Cette prestigieuse récompense littéraire décernée à Paris, suscite une immense fierté en Haïti.

« Dany Laferrière est un nom à porter par ces jours sombres comme un soleil à la boutonnière », s’exclame James Noël, un autre écrivain haïtien, cité par site AlterPresse. « Ce prix Médicis est à tous les Haïtiens », affirme Rodney Saint-Eloi, romancier lui aussi, qui pense à « toute cette jeunesse haïtienne abandonnée qui trouve dans ce prix sa dignité et la force de regarder demain ».

Une grande photo de Dany Laferrière s’étale en une du Le Nouvelliste de Port-au-Prince, qui s’enorgueillit d’une victoire « dès le premier tour de scrutin » grâce à son « très beau roman » L’énigme du retour.

« Homme drôle, émouvant, attachant, au regard lucide, Dany, de son vrai nom Windsor Kléber » s’est exilé au Québec dans les années 1970 pour fuir les tontons macoutes de Baby Doc, rappelle le quotidien.

 … et du Canada…

Les journaux du Québec ne sont pas en reste pour célébrer le lauréat du Prix Médicis 2009 un écrivain naturalisé québecois. « Avec toute la désinvolture qu’on lui connaît, Dany Laferrière était l’objet de l’attention du Tout-Paris hier, et il était comme un poisson dans l’eau dans ce tourbillon médiatique », raconteLe Devoir.

« Le fabuleux destin de Dany Laferrière nous étonnera toujours », lit-on dans La Presse, qui estime que l’ouvrage pour lequel l’auteur a été récompensé, L’Enigme du retour, « est probablement son roman le plus personnel, singulier par rapport à l’ensemble de son œuvre, ancré dans sa vie personnelle et celle de sa nation. C’est un livre différent, plus grave que les autres (c’est sa 19e œuvre), qui offre une autre facette de cet auteur dont le charme personnel, empreint d’humour et de simplicité, est aussi grand que le talent littéraire », commente le quotidien québécois.

Si Dany Laferrière a les honneurs de la presse canadienne francophone, on ne trouve pas un mot, en revanche, du prix Médicis 2009 dans les journaux anglophones. La rubrique littéraire du Globe and Mail, le grand quotidien de Toronto, est consacrée à l’autobiographie très attendue de l’ancienne candidate républicaine à la vice-présidence des Etats-Unis, Sarah Palin.

 

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