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Somme

Umberto Eco au Louvre : jeu de liste(s)

Umberto Eco (à g.).
Umberto Eco (à g.). Elisabeth Bouvet/ RFI
Texte par : Elisabeth Bouvet
3 min

L’écrivain italien est l’invité du musée parisien. Après Pierre Boulez, Toni Morrison ou encore Anselm Kiefer, c’est au tour de l’auteur du Nom de la rose de poser son regard sur les collections du Louvre, au gré d'une approche qu’il a baptisée Vertige de la Liste. C’est à découvrir durant tout le mois de novembre avec toute une série de manifestations musicales, cinématographique, artistiques et littéraires et même une exposition Mille e tre qui, elle, se tient du 7 novembre au 8 février 2010.

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Umberto Eco aurait-il le don d’ubiquité ? A le suivre, ou plutôt à tenter de le suivre, durant la première semaine de novembre pour le lancement de son « investiture » au Louvre, on le croirait volontiers. Heureusement, et c’est de bon ton, il a, pliée dans la poche droite de sa veste, une liste de ses divers rendez-vous et obligations qui lui permettent de toute évidence de s’orienter dans ce dédale d’invitations. 

Ce soir-là, il est à l’Institut culturel italien pour l’une des nombreuses manifestations liées à son Vertige de la Liste...

... A ses côtés l'artiste et designer Gabriele Devecchi et Marcella Lista (ça ne s'invente pas), la commissaire scientifique de l'exposition qui se tient à l'Institut. Ou plus exactement de l'installationGrande Oggetto Pneumatico de Giovanni Anceschi et Gabriele Devecchi, une reconstitution de celle qui fut créée en 1959 à Milan, et avec laquelle le public est invité à jouer comme il y a quarante ans, avant de gagner sa place.
 

"Grande Oggetto Pneumatico" de Giovanni Anceschi et Gabriele Devecchi, à l'Institut national italien (Paris).
"Grande Oggetto Pneumatico" de Giovanni Anceschi et Gabriele Devecchi, à l'Institut national italien (Paris). Elisabeth Bouvet/ RFI

 
Evidemment, le rapport entre la liste et cette forme gonflable et translucide ne saute pas immédiatement aux yeux. Umberto Eco confesse d’ailleurs être resté dubitatif quand on lui a proposé d’associer les artistes avant-gardistes de l’ex-Groupe T qu’il avait rencontrés, côtoyés à la fin des années 1950 et dont les expérimentations éphémères lui inspirèrent en 1962 son premier essai sur l'art contemporain, L'Oeuvre ouverte. En y réfléchissant cependant, raconte-t-il, le lien entre « la liste qui est une pluralité d’objets et ce Grand Objet Pneumatique, environnement à volume variable - c’est le titre entier de l’œuvre, ndlr » s’est presque naturellement tissé : « Après tout, se souvient-il, en invitant les gens à prendre possession de l’œuvre, on avait chaque jour des profils différents, ce qui rejoint l’idée de la liste inachevée ». Et c’est ainsi, conclut-il, que « nous avons introduit une ‘monoliste’ dans notre liste ».  

Une ouverture d’esprit en parfait accord avec la personnalité encyclopédique d’Umberto Eco et qui résume finalement assez bien l’entreprise pluridisciplinaire menée en collaboration avec le Louvre. Car si les listes littéraires se sont imposées « spontanément » à l’essayiste et spécialiste en sémiologie (on pense à Perec, Borges, Rabelais, Flaubert, etc), « la chasse dans les différentes salles du Louvre a donné des résultats passionnants, inattendus », d’autant plus inattendus que ce sont a priori les artistes contemporains qui ont travaillé sur cette idée de listes visuelles, sur le concept de la série. Or ceux-ci ne se trouvent pas au Louvre, même si Christian Boltanski, au même titre que Giovanni Anceschi et Gabriele Devecchi, figure parmi les artistes vivants amenés à s’exprimer sur le thème retenu par le médiéviste italien.

« Il y a des tableaux que l’on aurait envie de sortir de leur cadre pour pouvoir les retourner, et chercher la suite », lance-t-il pour finir, comme si cette expérience (déjà) vertigineuse ouvrait à son tour sur un nouveau vertige à lister ! Ce qui s'appelle une histoire sans fin. 

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