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Clara Schulz : « J’étais enfant de la RDA, mais j’en voulais une autre »

Carla Schulz
Carla Schulz DR

Clara Schulz travaille avant la chute du Mur pour un institut de recherche sur l’enseignement supérieur. Dans son travail, elle bénéficie de libertés certaines et ne souffre pas: « Je n’ai pas vraiment souffert des restrictions politiques du système ; je n’ai pas fait de mauvaises expériences avec la police secrète par exemple, la Stasi ».

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Clara Schulz a un peu plus de vingt ans lorsque le Mur est construit en août 1961. Pour cette jeune Berlinoise qui habite dans la partie est de la ville, la division a des conséquences directes : « Pour moi, c’était très dur parce qu’une grande partie de ma famille habitait à Berlin-Ouest. On se voyait quasiment tous les week-ends. Et d’un seul coup, je n’avais plus le droit de voyager  ».

Dix ans plus tard, la jeune étudiante en français obtient ce dont beaucoup d’Allemands de l’Est rêvent, elle peut voyager à l’Ouest. Mieux, elle séjourne dix semaines en France pour y préparer sa thèse et se rappelle avec émotion : « Pour moi, c’était le paradis. Je me suis rendu compte que ça pourrait être l’unique chance pour moi d’aller en France. C’était merveilleux. Et à partir de ce moment là, j’ai toujours eu la possibilité de voyager. J’étais dans une situation privilégiée, moins difficile que celle de la plupart de mes compatriotes  ».

Même si elle est sollicitée à plusieurs reprises, elle refuse, contrairement à son mari, d’adhérer au Parti communiste. Elle est plus critique que ce dernier : « J’étais un enfant de la RDA mais j’en voulais une autre. On se disputait parfois avec mon mari à la maison. Ma fille encore petite ne comprenait pas vraiment. Je parlais des criminels du bureau politique. Et mon mari répliquait : ’ comment peux-tu dire une chose pareille ? ‘ Mais malgré tout j’étais attachée à ce pays où j’ai passé toute ma vie ».
Lorsque le régime est-allemand est ébranlé à l’automne 89, Carla Schulz croit que des réformes sont possibles. Elle est rapidement déçue que ses compatriotes ne s’intéressent qu’aux Deutsche Mark de l’Ouest. « On aurait préféré un rapprochement des deux parties de l’Allemagne petit à petit », regrette Clara Schulz vingt ans après.

Mais aujourd’hui, cette septuagénaire qui ne fait pas son âge, active et optimiste, ne cultive pas le deuil d’une RDA défunte : « Je comprends les gens qui regrettent la sécurité matérielle qui régnait autrefois, des rapports humains plus chaleureux, mais peu d’entre eux souhaitent le retour de l’Allemagne de l’Est d’autrefois. Moi, je suis très contente aujourd’hui de l’évolution des choses, même si je n’approuve pas tout. Nous avons une démocratie, nous pouvons dire ce que nous pensons, nous pouvons voyager, à condition d’en avoir les moyens. Les avantages l’emportent largement sur les inconvénients », résume cette fidèle électrice du parti de la gauche radicale, die Linke, héritier du Parti communiste est-allemand.

Pour Carla Schulz, le vingtième anniversaire de la chute du Mur de Berlin doit être l’occasion de mieux informer les plus jeunes : « Ils en savent très peu sur cette partie de notre histoire, surtout lorsqu’ils sont de l’Ouest. C’est important de montrer des films, d’organiser des discussions, de publier des livres fascinants, vivants, qui intéressent les jeunes ».

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