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Etats-Unis

Stupeur après la fusillade au Texas

Reuters

Vingt-quatre heures après la tuerie à Fort Hood, la plus grande base militaire du pays, le mobile de l’officier psychiatre reste inconnu. Les réactions se multiplient. L’incompréhension domine dans l'armée et dans la communauté musulmane.

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« C’est un coup dans le ventre (…) pour toute l’armée », a observé le chef d’état-major des forces américaines, le général George Casey. Il craint surtout un « retour de bâton » contre la communauté musulmane.

Le commandant Nidal Malik Hasan a déclenché la fusillade tuant 13 soldats et en blessant 28 autres, avant d’être blessé et maîtrisé. Le colonel Steven Braverman qui commande le centre médical de Fort Hood a déclaré que « le tireur est dans un état stable. Il est dans l’un de nos hôpitaux civils, sous respirateur artificiel ».

Le commandant de la base, le général Robert Cone, a raconté sur la chaîne NBC qu’il y avait des témoignages de première main de soldats montrant que Hasan aurait crié « Allah akbar! » (Dieu est grand, en arabe) avant la fusillade.

« Gardons-nous de conclusions hâtives »

Pendant une conférence de presse, un responsable de la base a précisé que l’officier psychiatre de 39 ans, devait être prochainement envoyé en Afghanistan. Un autre officier, le colonel John Rossi, refuse de s’exprimer sur de possibles motivations. De son côté, le président Obama a mis en garde « contre des conclusions hâtives ». Il a ordonné la mise en berne des drapeaux à la Maison Blanche et sur tous les bâtiments publics du pays jusqu’au 11 novembre. Barack Obama a fait savoir qu’il se rendrait à Fort Hood pour une cérémonie religieuse. La date n’a pas encore été arrêtée.

L’armée a ordonné un renforcement des mesures de sécurité sur ses bases dans tout le pays.

La communauté musulmane en état de choc

Nidal Malik Hasan est né aux Etats-Unis dans une famille d’origine palestinienne. Sa famille, « en état de choc », a déclaré dans un communiqué : « Notre famille aime l’Amérique. Nous sommes fiers de notre pays ».

L’imam du Centre communautaire musulman de Silver Spring (Maryland), la mosquée du tireur de Fort Hood, a déclaré devant quelques centaines de fidèles réunis pour la prière du vendredi : « L’islam n’est pas responsable », relayé par l’un d’entre eux : « Je suis vraiment choqué. L’islam ne demande à personne de faire une chose pareille ». Plusieurs personnes du centre avaient croisé Hasan qui venait prier le vendredi, avant de rejoindre la base de Fort Hood.

« Sociable, affable, un homme paisible, très calme »

Tous les témoignages concordent sur l’officier meurtrier. « Personne ne sait ce qu’il y a derrière un tel acte. Cela doit relever d’un problème mental. Les gars qui partent à la guerre ou en reviennent ont besoin d’aide, vous savez », tente un musulman de trouver des raisons au drame.

Les autorités n’ont fourni aucun mobile pour ce massacre. Un cousin du tireur a affirmé qu’il se sentait « victime de harcèlement à l’armée du fait de son origine moyen-orientale ».

 

Avec notre correspondant à Washington, Jean-Louis Pourtet

L’armée a-t-elle manqué de vigilance ? Certains signes auraient pu l’alerter que Nadir Malik Hasan avait des problèmes. Il y avait son opposition non dissimulée aux guerres d’Irak et d’Afghanistan, son peu d’enthousiasme à être affecté dans l’un de ces deux pays, sa demande de retourner à la vie civile, demande refusée par l’armée qui avait payé ses études médicales.

Dans des courriels, il avait qualifié d’héroïques les auteurs d’attentats-suicides. Peut-être a-t-il voulu les imiter ? Il avait prémédité son attaque perpétrée avec 2 révolvers du type de ceux utilisés par les cartels mexicains. Il avait donné mercredi, à sa voisine, la plupart de ce qu’il possédait ainsi que 60 dollars pour nettoyer son appartement après son départ. Plus étrange encore, lui qui vivait en hermite, avait reçu la veille de la fusillade un rare visiteur. Aurait-il des liens avec une organisation extrémiste ? Le fait qu’il ait crié « Allah est grand » avant de commencer à tirer, amène certains à se poser la question.

Toutefois le président Obama recommande d’éviter les jugements hâtifs. La crainte est grande, en effet, que la tragédie ne déclenche une chasse aux sorcières contre les musulmans américains, même si ceux-ci ont dénoncé avec force le carnage de Fort Hood par l’un des leurs.

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