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Allemagne

Vietnamiens, ils ont vécu la chute du Mur... côté Est

Van Dat Le est l'un des Vietnamiens envoyés en ex-RDA pour travailler.
Van Dat Le est l'un des Vietnamiens envoyés en ex-RDA pour travailler. RFI/Thue Hung Pham

Ils étaient environ 40 000 Vietnamiens à vivre en République démocratique allemande. Ils travaillaient dans le cadre des accords de coopération entre les deux pays « frères ». Ouvriers, ne maîtrisant pas la langue de Goethe, ils n'ont pas tout compris quand le Mur de Berlin est tombé. Ils ont été désarçonnés. 

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Au lendemain de la chute du Mur, la plupart de ces travailleurs vietnamiens n'ont pas osé quitter la RDA. Ils avaient trop peur. Ils n'étaient pas autorisés à passer à l'Ouest et étaient sous la surveillance étroite de leur ambassade qui, elle, était toujours communiste.

Mais certains malins se sont tout de même faufilés entre les Allemands pour franchir la frontière. De l'autre côté du Mur, ils ont été pris en charge par les anciens boat-people, heureux de retrouver leurs compatriotes, et ont réussi au fil du temps à acquérir le statut de réfugié.

3 000 marks pour rentrer au pays

Contrairement aux autres pays comme Cuba ou le Mozambique, le Vietnam n'a pas rapatrié ses co-citoyens. Après la disparition de la RDA, les accords de coopération sont devenus caducs et le nouveau gouvernement allemand demanda aux Vietnamiens de quitter le pays réunifié une fois leur contrat terminé. Alors, retourner au Vietnam avec 3 000 marks de compensation (une somme très importante pour eux à cette époque) ou rester dans une nouvelle Allemagne, libre et démocratique, mais avec un avenir encore très flou ?

Comme des milliers d'autres, Van Dat LE a décidé de rester. Envoyé en ex-RDA à l'âge de 20 ans, Dat a travaillé dans une usine à Dresde.

« Comme nous avions un contact très limité avec les Allemands et ne lisant pas la presse, nous ne comprenions pas très bien la situation. Nous étions trop troublés pour décider quoi que ce soit. Certains comme moi, encore jeunes, sont allés à Berlin pour chercher à passer à l'Ouest. Les autres, qui ont de la famille au Vietnam, n'osaient pas bouger.

Je suis passé à Berlin-Ouest pour voir la différence entre les deux Allemagne, mais à la fin, j'ai décidé de retourner à l'Est. En fait, je ne savais pas si le mur allait rester ouvert ou se refermerait.

Notre sentiment commun était la joie mélangée d'inquiétude, car nous ne savions pas si le contrat de travail serait renouvelé ou non, surtout à cause des rumeurs sur la fermeture prochaine de certains usines. En gros, nous étions dans un état indescriptible ! »

Précarité

A la fin de l'année 1990, son usine a fermé. Au lieu de prendre les 3 000 marks et trois mois de salaire pour rentrer au Vietnam, Dat est resté avec quelques camarades, sans savoir ce qui les attendait. Quelque mois après, ils ont obtenu les allocations  chômage et une chambre pour chacun. Mais leur situation restait très précaire. Leur permis de résidence devait être renouvelé tous les deux mois, voire tous les quinze jours.

Ce n'est qu'en 1995 que Dat bénéficia du droit de résidence de deux ans renouvelables sous conditions (emploi ou commerce stable, pas de casier judiciaire). L'année 1997 marqua un tournant dans la vie de Dat et de milliers d'autres anciens travailleurs vietnamiens. Ils ont enfin obtenu la carte de résident permanent pour s'installer définitivement en Allemagne.

« La plupart vivent du petit commerce, explique Dat. Pendant plusieurs années après la chute du Mur, les Allemands de l'Est ont eu besoin de marchandises bon marché. Nos affaires marchaient très bien. Mais depuis 2004, la situation est de plus en plus difficile, avec la concurrence des supermarchés qui proposent des prix imbattables. »

Renonçant au petit commerce, Dat s'est retourné vers la restauration. Maintenant, il possède un fast-food vietnamien à Berlin-Est. Malgré les difficultés économiques, il ne pense pas rentrer au pays. « Quand je repense au passé, je dois dire merci à l'Allemagne, même si la discrimination persiste chez certains Allemands », conclut Dat.

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