Iran/Nucléaire

Téhéran refuse d'envoyer son uranium à l'étranger

Un journaliste en reportage à la centrale nucléaire de Bushehr, à 1 200 kilomètres au sud de Téhéran, le 25 février 2009.
Un journaliste en reportage à la centrale nucléaire de Bushehr, à 1 200 kilomètres au sud de Téhéran, le 25 février 2009. AFP/Behrouz Mehri

L’Iran refuse d'envoyer son uranium enrichi à l'étranger contre la livraison de combustible pour son réacteur de recherche, a affirmé ce samedi un responsable du Parlement. La République islamique a signifié le rejet en l'état du projet d'accord visant à apaiser la crise sur le nucléaire iranien.

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Avec notre correspondant à Téhéran, Siavosh Ghazi

C’est visiblement un durcissement de la position iranienne. Le président de la commission des Affaires étrangères du Parlement, Alaeddine Boroujerdi, a déclaré qu’« il n’est pas prévu d’envoyer une partie des 1 200 kilos d’uranium faiblement enrichi à l’étranger pour recevoir du combustible. Cela est désormais hors de question ».

Un autre député conservateur a également affirmé que la réponse de Téhéran était désormais négative. Le 21 octobre dernier, après deux jours et demi de discussions entre l’Iran, la France, la Russie, les Etats-Unis, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) avaient soumis un projet d’accord international permettant à Téhéran d’obtenir du combustible nucléaire pour son réacteur de recherche.

Selon ce projet d’accord, l’Iran devait exporter plus de 70% de son uranium faiblement enrichi à l’étranger. C’est ce que refuse désormais Téhéran, ce qui va accentuer la crise sur le dossier nucléaire iranien. En effet, Washington et Paris avaient demandé à l’Iran d’accepter tel quel le projet d’accord.

Après les déclarations iraniennes, le président russe a évoqué la possibilité de nouvelles sanctions contre l’Iran. « On ne peut écarter des sanctions contre l'Iran dans l'hypothèse où Téhéran persisterait à refuser de restreindre son programme nucléaire », a affirmé le président russe Dmitri Medvedev dans une interview publiée samedi par le magazine allemand Der Spiegel. Du fait de ses liens dans le pétrole et l'armement avec l'Iran, la Russie dispose d'une influence rare auprès de la République islamique. Le Kremlin joue par conséquent un rôle central dans les négociations internationales autour du dossier nucléaire iranien.
 

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