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Etats-Unis

Première étape franchie pour la réforme du système de santé

La présidente de la Chambre des représentants, Nancy  Pelosi, le 7 novembre 2009.
La présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, le 7 novembre 2009. Reuters/Yuri Gripas
Texte par : Jean-Louis Pourtet
3 mn

A l'issue de 12 heures de débats, les élus de la Chambre des représentants ont adopté le plan de réforme du système de santé américain. Mais ce n'est qu'un premier pas. Il y aura plusieurs autres étapes parlementaires, la prochaine au Sénat. Barack Obama se dit d'ailleurs à ce sujet confiant, et espère promulguer sa loi «d'ici la fin de l'année». 

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Avec notre correspondant à Washington, Jean-Louis Pourtet

L’adoption de la loi, même de justesse, constitue une victoire cruciale pour Barack Obama. Si elle avait été rejetée, cela aurait eu des conséquences graves pour le reste de sa présidence et aurait menacé la majorité démocrate lors des élections de mi-mandat de l’an prochain.

A l’issue d’un débat marathon de plus de dix heures, 219 des 254 démocrates ont répondu à l’appel de l’histoire comme le leur avait demandé dans la matinée le président qui s’était rendu au Congrès pour mobiliser ses troupes.

A l’exception d’un républicain qui a voté pour la loi, les 177 autres ont voté contre. Ils étaient opposés à son coût, plus de mille milliards de dollars, et aussi à ce qu’ils considèrent comme une intervention excessive du gouvernement dans le secteur de la santé. Le principe d’une couverture médicale financée par l’Etat fédéral leur est particulièrement odieux.

Si douce que soit la victoire pour Barack Obama, elle ne sera complète que lorsque le Sénat aura à son tour approuvé sa loi, ce qui pourrait être plus difficile qu’à la Chambre.

Bien que disposant des 60 voix nécessaires pour éviter un blocage des républicains, les démocrates ne sont pas d’accord entre eux sur certains aspects de la réforme, ce qui va nécessiter des négociations qui prendront du temps.

Quelque 2000 pages de texte ont été adoptées la nuit dernière pour fournir une couverture santé à 36 des 47 millions d'Américains qui en sont dépourvus. Via la création d'un système d'assurance public géré et financé par le gouvernement et qui serait mis en concurrence avec les compagnies d'assurances privées. Lesquelles dictent pour l'instant la loi aux patients en liaison avec les groupes pharmaceutiques.

C'est le principal changement attendu. Avec une multitude de conditions particulières. Parmi les amendements votés cette nuit pour emporter le vote d'une quarantaine de démocrates réticents, la restriction d'utilisation des fonds publics pour financer les avortements. Mais les sénateurs doivent encore voter leur propre texte. Le projet qui leur sera soumis prévoit une clause d'« opt out » qui permettrait aux Etats refusant le programme public d'en être exemptés.

Et c'est seulement à l'issue de ce vote que les deux textes devront être fondus en une seule loi. En plus du changement de société que la réforme représente, c'est une diminution des coûts de santé que vise Barack Obama, alors que les Etats Unis, en tête du monde occidental, dépensent pour leur santé 16% de leur produit intérieur brut annuel.