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Chine/Afrique

Pékin se défend de tout néocolonialisme

L'appétit chinois pour l’Afrique suscite de nombreuses critiques.
L'appétit chinois pour l’Afrique suscite de nombreuses critiques. AFP/Simon Maina
Texte par : Myriam Berber
4 mn

Le Premier ministre chinois Wen Jiabao a promis dix milliards de dollars de prêts bonifiés aux pays africains, au sommet de Charm El-Cheikh (Egypte). Cette présence chinoise sur le continent suscite de nombreuses critiques.

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La Chine multiplie les avancées en Afrique. « Nous allons aider l’Afrique à développer ses capacités financières. Nous allons lui fournir dix milliards de dollars en prêts bonifiés sur trois ans », a déclaré, dimanche 8 novembre 2009, le Premier ministre chinois, Wen Jiabao, lors de la quatrième édition du Forum Chine-Afrique à Charm El-Cheikh, qui se termine ce lundi. Cette offre est deux fois supérieure à celle que Pékin avait annoncée en 2006.

La Chine a également décidé d’exempter de droits de douane 95% des produits africains en provenance de pays ayant des relations diplomatiques avec la Chine. Et ce avec 60% des produits dès 2010. Depuis l’an 2000, les échanges entre la Chine et l’Afrique ont été multipliés par dix sous le double effet de la demande chinoise en matières premières et de la demande africaine en produits manufacturés bon marché.

Cautionner des régimes peu fréquentables

Les échanges commerciaux entre la Chine et l’Afrique ont atteint 107 milliards de dollars en 2008, dépassant pour la première fois les Etats-Unis. Pays réservoirs d’hydrocarbures et de minerais, l’Afrique du Sud, l’Angola, le Nigeria, le Soudan, l’Egypte et l’Algérie sont les partenaires privilégiés de Pékin. Le pétrole constitue d’ailleurs 94% des exportations de l’Angola et 80% pour le Soudan.
Cet appétit chinois pour l’Afrique suscite de nombreuses critiques. Pékin est régulièrement accusé de « néocolonialisme ». Il lui est reproché de cautionner à coups de milliards des régimes peu fréquentables, afin d’obtenir pétrole et matières premières. La Chine est l’un des principaux alliés du Soudan, dont le président Omar el-Béchir est sous le coup d’un mandat d’arrêt international pour crimes de guerre et contre l’humanité au Darfour.

Pillage des ressources et des emplois

De nombreuses autres critiques formulées contre Pékin concernent les méthodes utilisées par les hommes d’affaires chinois. Ils sont notamment accusés de négliger les règles de sécurité dans les mines, de recourir à une main d’œuvre immigrée de Chine et de pratiquer le dumping, ce qui entraîne la disparition des activités artisanales locales.

Ce n’est pas le seul point d’accrochage avec les Occidentaux, principaux bailleurs de fonds des pays africains, qui voient dans ces accords de prêts de nouvelles dettes contractées par les pays africains. En réponse à ces attaques, Wen Jiabao a annoncé des prêts bonifiés c’est-à-dire des prêts à taux préférentiels. Ecartant ses accusations, le Premier ministre chinois s’est engagé à renforcer ses relations avec l’Afrique dans plusieurs autres domaines, comme l’environnement avec la mise en place d’une centaine de projets liés aux énergies propres, l’aide à la lutte contre le changement climatique, l’éducation ou la recherche scientifique.

Reste qu’en Afrique, l’inquiétude grandit sur le pillage des ressources et des emplois par la Chine. Au Nigeria, par exemple, les accords pétrole contre infrastructures sont actuellement remis en cause. Dans ce pays, comme au Ghana, c'est aux côtés de la compagnie américaine ExxonMobil, ou de l'anglo-néerlandaise Shell que la compagnie chinoise CNOOC postule à de nouveaux contrats.
 

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