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Rwanda

Procès du «banquier du génocide»

Charnier de Nyamirambo, près de Kigali, où 32 000 corps ont été exhumés en janvier 2000.
Charnier de Nyamirambo, près de Kigali, où 32 000 corps ont été exhumés en janvier 2000. AFP/Marco Longari

Le procès d'Ephrem Nkezabera - considéré comme le financier du génocide de 1994 - s'est ouvert ce lundi devant la cour d'assises de Bruxelles. Cette 1ère audience s'est passée en l'absence de l'accusé qui souffre d'un cancer généralisé. La présidente du tribunal s'est donc donné jusqu'à mercredi prochain pour décider si le procès peut se poursuivre par défaut, c'est-à-dire en l'absence du principal accusé, ou si le procès doit être reporté.

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 Il s'agit du quatrième procès en Belgique lié au génocide rwandais qui, selon l’ONU, a fait 800 000 morts, pour la plupart des membres de la minorité tutsi. Par le passé, la cour d'assises de Bruxelles a déjà condamné six Rwandais au nom de ce qu'on appelle la « compétence universelle des tribunaux belges à juger des crimes contre l'humanité ». Mais Ephrem Nkezabera, 57 ans, est de loin le personnage le plus important, puisqu'il est considéré comme le « banquier du génocide ». Arrêté à Bruxelles chez son fils en 2004, le dossier d'Ephrem Nkezabera a été transféré à la Belgique par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), pour permettre un jugement plus rapide. Le TPIR a déjà du mal à finir tous les procès avant la fin du mandat du tribunal.

 
Mais cela a eu pour conséquence directe de ne pas pouvoir l'accuser de génocide. Simplement parce que le crime de génocide n'a été introduit en droit belge qu'en 1999. Or cette loi, non rétroactive, ne peut pas s'appliquer aux actes commis cinq ans plus tôt pendant le génocide au Rwanda.

Pendant l'instruction, Ephrem Nkezabera a admis avoir armé et financé les Interahamwe, la principale milice du génocide. Il était d’ailleurs membre du comité national de cette milice. Il a reconnu également avoir participé au financement de la tristement célèbre Radio Mille Collines, qui a ouvertement appelé aux massacres sur ses ondes.

En revanche, cet ancien directeur de la Banque commerciale du Rwanda rejette les accusations de viols. Il s’agirait, selon lui, de « partenaires consentantes ». Ce que contestent les avocats des parties civiles, qui précisent que les victimes présumées n’avaient pas d’autre choix que de céder ou de se faire tuer.

 

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