Il y a vingt ans, la chute du Mur

Thatcher et le spectre de la grande Allemagne

Le président François Mitterrand et le Premier ministre britannique Margaret Thatcher, en juillet 1989.
Le président François Mitterrand et le Premier ministre britannique Margaret Thatcher, en juillet 1989. AFP / Joël Robine

La France et la Grande-Bretagne ont récemment décidé de jouer la transparence en ouvrant leurs archives diplomatiques sur l'époque précédant la chute du Mur de Berlin. Ces documents soulignent les craintes françaises mais surtout britanniques face à la réunification.

Publicité

Avec notre correspondante à Londres, Muriel Delcroix

La position du Premier ministre britannique peut sembler paradoxale, elle qui avait tout fait dans les années 80 pour que s’effondre le communisme.

Mais en réalité, son amertume face à la chute du Mur de Berlin était liée à une autre crainte, celle de voir ressurgir le fantôme de la grande Allemagne.

Ce sont des archives publiées en septembre dernier à Londres qui viennent de le révéler. Il s’agit de documents officiels du Kremlin, recopiés par un jeune chercheur russe, dans lesquels on apprend que durant notamment un entretien particulièrement franc avec Mikhaïl Gorbatchev deux mois avant la chute du Mur, Margaret Thatcher avoua que ni la Grande-Bretagne, ni l’Europe de l’Ouest, ne voulaient voir la réunification de l’Allemagne et elle fit clairement comprendre au président soviétique qu’elle souhaitait qu’il fasse tout pour l’arrêter.

Ces vues, totalement à contre-courant de son discours officiel, se retrouvent également dans les archives diplomatiques françaises qui viennent tout juste d’être ouvertes.

Lors d’un dîner à l’ambassade de France à Londres au printemps 1990, la Dame de fer paraît obsédée par une remise en cause des frontières orientales de l’Allemagne et elle avertit alors que le chancelier Helmut Kohl est capable de tout et se considère déjà comme le maître.

Ces convictions montrent surtout en fait l’isolement croissant de Margaret Thatcher qui allait être poussée dehors par son propre parti quelques mois plus tard.
 

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail