France

Sarkozy à Berlin le 9 novembre 1989 : erreur de communication ?

Capture d'écran du profil Facebook de Nicolas Sarkozy.
Capture d'écran du profil Facebook de Nicolas Sarkozy. Facebook

Nicolas Sarkozy n’était pas à Berlin le 9 novembre 1989, mais le 16, contrairement à ce qu’on pouvait lire sur la page Facebook du président de la République. Mais alors, pourquoi cette obstination, de l’Elysée à Matignon, à nier l’évidence ?

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Certaines dépêches datées de l'époque ainsi qu'une photo en attestent. Alain Juppé était à Berlin avec Nicolas Sarkozy, ainsi que le député RPR Jean-Jacques de Peretti, mais une semaine après l’ouverture du Mur. Ces derniers ont bien tenté d'aller dans le sens du chef de l'Etat avant de corriger leurs déclarations tant leur position devenait impossible à tenir.

D’où la question suivante, que l’on est en droit de se poser : Nicolas Sarkozy s'est-il emmêlé dans ses souvenirs ou bien a-t-il voulu, une nouvelle fois, prendre une place dans l'Histoire qui ne lui appartient pas ?

Nicolas Sarkozy, donnant des coups de pioche dans le « Mur de la honte ». L'image est belle, certes, mais malheureusement, elle débouche sur une nouvelle erreur de communication. Peut-être est-elle imputable à l'un de ses conseillers, car on imagine mal Nicolas Sarkozy remplir lui-même son profil Facebook. Néanmoins, l’obstination de l’Elysée à défendre cette version en dit long sur la difficulté présidentielle à reconnaître ses erreurs et à faire ce qu'il faut afin d'éviter que la polémique ne s'installe et dont se délecte la presse française et internationale.

La persévérance est souvent la meilleure alliée des ambitieux. Mais l'obstination est la pire ennemie de ceux qui se précipitent dans l'action sans y être conviés, comme l’a dit Plutarque en son temps.

François Fillon contredit par le Journal Officiel

Par ailleurs, selon le compte-rendu (au JO) de la deuxième séance de l’Assemblée nationale en date du 8 novembre 1989 et révélé par le site internet du quotidien Libération, François Fillon, alors député et membre de la commission de la Défense à l’Assemblée nationale se trouvait dans l'hémicycle ce jour-là, apostrophant notamment Pierre Bérégovoy, alors ministre de l'Economie et des Finances. Ce qui contredit en partie la version du Premier ministre qui affirmait hier lundi, lors d'un déplacement à Thionville que, le 8 novembre 89, il se trouvait bien à Berlin, avant d'y croiser Nicolas Sarkozy le lendemain. Le chef du gouvernement a affirmé qu'entre le 7 et le 10 novembre 89, il était en visite à Berlin et qu'il y avait bien rencontré l'actuel chef de l'Etat dans la soirée du 9 novembre, quand les autorités est-allemandes ont ouvert les passages du Mur.

Comment auraient-ils pu deviner ce qui allait se passer ce soir-là, quand tous l’ignoraient encore le matin même et que le chancelier Helmut Kohl, en voyage en Russie a dans, un premier temps hésité, à regagner Berlin, avant de réaliser l’ampleur de l’événement ?

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