Colombie/Venezuela

La tension monte d'un cran

A la frontière près de San Antonio, un membre de la garde nationale vénézuélienne oriente une mitrailleuse en direction de la Colombie, le 4 novembre 2009.
A la frontière près de San Antonio, un membre de la garde nationale vénézuélienne oriente une mitrailleuse en direction de la Colombie, le 4 novembre 2009. REUTERS/Jorge Silva

Bogota compte saisir le Conseil de sécurité de l'ONU ainsi que l'Organisation des Etats américains (OEA) face aux menaces de guerre lancées par Hugo chavez. Pour Caracas, l'accord qui autorise Washington à utiliser sept bases militaires colombiennes est un «chèque en blanc» aux Etats-Unis qui pourraient mener des opérations dans toute l'Amérique latine.

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Avec notre correspondante à Bogota, Zoé Beri


« La Colombie ne commettra aucune action belliqueuse contre un pays frère »,
assure le communiqué de Bogota, tout en avertissant que les « menaces de guerre » du Venezuela seront présentées devant l’Organisation des Etats américains (OEA) et le Conseil de sécurité des Nations unies.

La réaction colombienne est lapidaire. Bogota ne veut visiblement pas entrer dans la bataille de déclarations d’Hugo Chavez. La signature, il y a dix jours, d’un accord militaire permettant aux troupes américaines d’utiliser sept bases colombiennes a mis le feu aux poudres entre les deux pays. Depuis plusieurs semaines, les incidents se multiplient sur la frontière. Dix Colombiens et deux gardes nationaux vénézuéliens ont été assassinés dans des circonstances confuses.

La Colombie juge son voisin complaisant envers la guérilla marxiste et les trafiquants de drogue qui se réfugieraient au Venezuela. Hugo Chavez accuse en retour son homologue Alvaro Uribe d’avoir envoyé des espions pour le faire renverser et d’ouvrir ses portes aux Etats-Unis pour permettre une invasion américaine.

Ce n’est pas la première guerre de discours entre deux pays aux projets politiques radicalement opposés. Mais elle s’est traduite pour la première fois par l’envoi en renfort de 15 000 soldats vénézuéliens sur la frontière. Craignant l’escalade, le Brésil s’est proposé comme médiateur.
 

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