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Alimentation

Eviter une nouvelle crise alimentaire

En Ethiopie, le prix du maïs a doublé depuis 2007.
En Ethiopie, le prix du maïs a doublé depuis 2007. Reuters / Barry Malone

La FAO lance sur internet une pétition contre la faim et organise du 16 au 18 novembre, à Rome, un sommet sur la sécurité alimentaire. Le seuil du milliard de personnes souffrant de la faim nécessite de nouvelles actions.

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Plus d’un milliard de personnes dans le monde souffrent de malnutrition. Cela fait 40 ans que ce seuil n’avait pas été atteint. Pour dénoncer cette situation, le directeur général de la FAO (l'agence onusienne pour l'alimentation et l'agriculture) lance, mercredi 11 novembre 2009, une campagne de protestation. « J'invite un maximum de gens à signer notre pétition en ligne, qui peut être trouvée sur le site www.1billionhungry.org. Chaque clic sera un aiguillon pour que les dirigeants du monde passent de la parole aux actes », a expliqué Jacques Diouf. Le directeur général de la FAO appelle également le monde entier à observer « une grève de la faim d’une journée samedi ou dimanche » et a précisé qu’il donnerait lui-même l’exemple « pendant 24 heures à compter de samedi matin ».

Pour Jacques Diouf, « une nouvelle crise alimentaire mondiale ne peut pas être exclue ». La baisse des prix des denrées de première nécessité et les bonnes récoltes 2008-2009 n’ont, en effet, pas mis fin à cette crise alimentaire dans les zones à faibles revenus, particulièrement en Afrique. Sur les marchés agricoles, les cours des céréales ont baissé, mais les pays les plus fragiles sur le plan alimentaire en ont peu profité. C’est ce que constate les experts de la FAO dans leur dernier rapport annuel publié mi-octobre.

31 pays en situation de grave insécurité alimentaire

En Afrique subsaharienne, près de 80% des prix inspectés sont supérieurs à ceux d’avant la crise alimentaire. Quelques exemples : le riz importé est encore bien au-dessus de celui d’avant la crise. Le maïs au Kenya, en Ethiopie et en Ouganda, est encore deux fois plus cher qu’en 2007. Et la récession mondiale qui a réduit le pouvoir d’achat des populations en difficulté, a aggravé le phénomène.

Selon Jacques Diouf, « 31 pays sont en situation de grave insécurité alimentaire, 20 en Afrique et 11 en Asie ». L’Asie, avec 640 millions de personnes touchées et l’Afrique, avec une personne sur trois vivant dans la faim, sont les deux continents les plus préoccupants. En Afrique subsaharienne, la sécheresse a accentué une situation rendue déjà désespérée par les conflits armés. L’Onu compte en Somalie et au Soudan près de 10 millions de personnes dépendant d’une aide alimentaire d’urgence. Pour la seule Somalie, cela représente la moitié environ de la population totale.

Les engagements de la communauté internationale

Face à cette situation, la communauté internationale a pris un certain nombre d’engagements. En juillet dernier, le groupe des huit pays les plus industrialisés (G8) avait promis 20 milliards de dollars sur trois ans pour permettre aux pays les plus touchés d’investir dans l’agriculture. Mais la récession a ralenti les efforts faits pour endiguer la faim.

Pour remédier à cette situation, il faut aider les pays africains à faire leur propre révolution verte. « Les pays riches doivent accroître de 17% la part de l’aide destinée à l’agriculture contre 5% actuellement, afin de fournir aux cultivateurs des pays pauvres des réseaux d’irrigation, des engrais, des semences résistant aux maladies, des moyens de stockage et des routes desservant les marchés », a expliqué Jacques Diouf.

Un développement qui nécessite, par ailleurs, une véritable volonté politique dans les pays du Sud. Pour assurer la sécurité alimentaire de ses quelque 86 millions d’habitants, le Vietnam, second exportateur de riz au monde, a par exemple décidé de protéger près de 4 millions d’hectares de rizières d’ici la fin de l’année. Les terres cultivables du pays sont, en effet, peu à peu grignotées au profit de zones industrielles et urbaines. Ces terres seront ainsi réservées à l’agriculture.

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