Santé/ Droit des femmes

Pour en finir avec les mutilations sexuelles

Les Sabini faisaient encore partie des rares tribus d'Ouganda à pratiquer l'excision sur les jeunes filles.
Les Sabini faisaient encore partie des rares tribus d'Ouganda à pratiquer l'excision sur les jeunes filles. Flickr

En France des conférences-débats sur la prévention liée aux mutilations génitales féminines dans les pays d’immigration inaugure les manifestations de la semaine de la Solidarité internationale s'est ouverte ce jeudi (jusqu’au 22 novembre 2009), tandis que la Première dame du Burkina Faso, Chantal Compaoré, a appelé cette semaine à Ouagadougou les Etats africains à coopérer « à tous les niveaux pour l'élimination [de ces pratiques]» (MGF).

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L'Organisation mondiale de la Santé estime entre 100 et 140 millions le nombre de jeunes filles et de femmes dans le monde, qui vivent actuellement avec les séquelles de mutilations sexuelles. Et, selon l'OMS, 92 millions de jeunes filles africaines âgées de dix ans et plus ont subi cette pratique pouvant entraîner de gros risques sanitaires.

Graves hémorragies, problèmes urinaires, complication potentielles lors de l'accouchement et décès de nouveaux-nés, tels sont quelques exemples de conséquences que peuvent avoir ces mutilations, internationalement considérées comme une violation des droits des jeunes filles et des femmes, et pratiquées le plus souvent sur des jeunes filles entre l'enfance et l'âge de 15 ans. Depuis plusieurs mois, une campagne de sensibilisation sur le sujet est conduite au niveau national et incite les élus et les associations de la ville de Sénart au sud-est de Paris très actifs sur ce thème et depuis plusieurs années à poursuivre leurs actions.

Notre agglomération est très ouverte à tous les pays de la Terre. Toute association qui souhaite nous rencontrer est bien accueillie (…). On a senti très récemment qu’en Mauritanie, là où le sujet était tabou, il y a désormais possibilité de dialogue et de débat.

Line Magne, maire adjointe de Moissy-Cramayel et directrice des services de la ville de Sénart

Cette pratique est la plus commune dans l'ouest, l'est et le nord-est de l'Afrique, dans certains pays d'Asie et au Moyen-Orient, ainsi que dans certaines communautés d'immigrants en Amérique du Nord et en Europe, selon l'OMS. Lundi 9 novembre 2009, à l'ouverture d'une conférence internationale consacrée à l'interdiction totale de ces pratiques, Chantal Compaoré a déclaré : « Je voudrais lancer un appel à tous les Etats africains afin qu'ils coopèrent à tous les niveaux pour accélérer l'élimination de la pratique des mutilations génitales féminines, surtout par l'adoption et l'application de textes de lois ».

L’interdiction de l’excision en Erythrée est effective depuis le 31 mars 2007. L’Etat de la Corne de l’Afrique fait partie des pays africains, (Sénégal, Burkina Faso, Ghana, Côte d’Ivoire, Djibouti, Guinée, Niger, République centrafricaine, Tanzanie et Togo) où cette pratique, bien qu’interdite, perdure sous le poids de la pression sociale et où selon le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef), l’arrêt effectif des mutilations génitales des filles et des femmes ne peut passer effectivement que par un changement des mentalités.
 

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