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Russie

La modernisation de l’économie russe, selon Medvedev

Le président russe Dmitri Medvedev lors de son discours annuel à la nation au Kremlin, à Moscou, le 12 novembre 2009.
Le président russe Dmitri Medvedev lors de son discours annuel à la nation au Kremlin, à Moscou, le 12 novembre 2009. AFP/Ria Novosti
Texte par : Béatrice Leveillé | Piotr Moszynski
3 min

Dmitri Medvedev a désigné deux principaux objectifs à ses compatriotes : se démarquer résolument de l’héritage de l’économie soviétique et se tourner vers la modernité et la compétitivité. Ces annonces ont été faites dans son deuxième discours à la nation en tant que président de la Fédération de Russie, devant le Parlement.

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Pas de grandes surprises dans le discours du président russe. Depuis des années, tous les spécialistes répètent que le talon d’Achille de l’économie russe consiste dans le fait qu’elle n’a pratiquement rien à proposer au monde à part des matières premières. Dmitri Medvedev a regretté que son pays continue à dépendre d'une industrie vieillissante et à tirer la plupart de ses revenus des exportations d'énergie. Elle en est donc très dépendante et une crise sur ce marché fait presque automatiquement s’écrouler toute l’économie du pays.

Une longue période de bonne conjoncture a procuré à la Russie un sentiment de puissance illusoire et ne l’a pas incitée à se moderniser, à diversifier son économie, à s’ouvrir vers le monde et à se démocratiser. Pas étonnant donc d’entendre Dmitri Medvedev appeler à « moderniser la Russie de fond en comble sur des bases démocratiques. Nous ne pouvons pas attendre plus longtemps », a-t-il déclaré. « Nous devons lancer une modernisation de l'intégralité de nos fondements industriels. La survie de notre nation dans le monde moderne en dépend », insiste-t-il.

Toutefois, sa crédibilité en la matière semble plutôt limitée, dans la mesure où lui-même, ainsi que son prédécesseur et mentor Vladimir Poutine, renouvellent à peu près les mêmes appels depuis longtemps. Hélas, leurs analyses, pourtant justes, n’étaient pas, jusqu’à présent, suivies de beaucoup d’actes et les problèmes demeurent toujours les mêmes. Pour pouvoir entamer de vraies réformes et oublier l’héritage soviétique, il faudrait que les mentalités changent et que les intérêts des groupes au pouvoir cessent de favoriser le statu quo. La crise pourrait néanmoins contribuer à une redistribution des cartes. Tout dépend de la manière dont l’Etat va soutenir les entreprises.

Depuis le début de la crise, la Russie a dépensé 1 000 milliards de roubles (23,5 milliards d’euros) pour aider une dizaine d'entreprises. Dmitri Medvedev, considère que désormais seules les entreprises qui sont prêtes à améliorer leur efficacité doivent bénéficier d’une aide. Il dénonce une compétitivité honteusement faible de certaines, insistant sur la nécessité de réformer ces conglomérats publics qui n’ont aucun avenir : « A la place d'une économie primitive basée sur les matières premières, nous devrions créer une économie de l'intelligence, produisant un savoir-faire unique, de nouveaux biens, de nouvelles technologies et des technologies utiles pour le peuple ».

Quelques objectifs sont fixés : réduire le poids économique du secteur public supérieur à 40% du PIB, d'ici la prochaine présidentielle en 2012 ; doter la Russie, dans les cinq ans, d'un réseau national permettant la diffusion d'internet à haut débit et la réception de la télévision numérique. Un vrai plaidoyer pour la modernisation de l’économie russe mais l’homme du Kremlin qui concentre presque tous les pouvoirs sera jugé sur ses actes plus que sur ses discours. Le plus dur reste à faire.

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