Accéder au contenu principal
France

Polémique NDiaye : Mitterrand refuse d'arbitrer

Marie NDiaye
Marie NDiaye
Texte par : RFI Suivre
3 min

Eric Raoult, député UMP, a légèrement nuancé ses propos jeudi après le tollé qu'il a soulevé en s’en prenant à Marie NDiaye. Il reprochait au prix Goncourt 2009, d'avoir critiqué la France « monstrueuse » de Nicolas Sarkozy. Pour le député, un Prix Goncourt est soumis à un « devoir de réserve ». Jeudi sur Europe 1, Eric Raoult a préféré parler d'un « principe de modération ».  

Publicité

Dans un entretien publié le 18 août dans la revue Les Inrockuptibles, Marie NDiaye, explique son installation à Berlin juste après les élections, « en grande partie à cause de Sarkozy… Je trouve détestable cette atmosphère de flicage, de vulgarité… Besson, Hortefeux, tous ces gens-là, je les trouve monstrueux », ajoutait-elle.

La semaine dernière, l'écrivaine a reçu le prix Goncourt pour son roman «Trois femmes puissantes». Eric Raoult est revenu alors sur les propos de la jeune femme aux inrockuptibles, et interpelle le ministre de la Culture, Fréderic Mitterrand. Il invoque le droit de réserve auquel devrait-être, selon lui, soumis un Prix Goncourt « droit inexistant », rétorque Bernard Pivot, membre de la prestigieuse Académie Goncourt.

Lors d’une interview accordée à Europe 1, l’auteure a nuancé ses propos, sans toutefois les renier. « C’est très excessif… Je ne veux pas avoir l’air de fuir je ne sais quelle tyrannie insupportable… Depuis quelque temps, je trouve l’atmosphère en France assez dépressive, assez morose. Il me semble qu’à Berlin, elle est plus exaltante ». Marie NDiaye s’interroge sur l'hypothèse d’un droit de réserve pour les écrivains « J’espère bien qu’il n’en existera jamais », conclut-elle. 

Un ministre de la Culture prudent

Le 11 novembre, sur France Info, le Prix Goncourt 2009  appelle elle aussi le ministre de la Culture à trancher, et qualifie cette situation de  « grotesque ». Fréderic Mitterrand s’est exprimé ce jeudi, en précisant ne pas vouloir entrer dans cette polémique. « Le Goncourt est une entreprise privée et remarquable. Les écrivains ont le droit de dire ce qu’ils veulent ». Il se garde toutefois de tancer Eric Raoult, précisant qu’il s’agit « d’ un ami. Il a le droit, en tant que citoyen et parlementaire, de dire ce qu’il veut ».

Deux membres du jury Goncourt réagissent également aux critiques d’Eric Raoult. Pour Patrick Rambaud, « Eric Raoult confond le prix Goncourt et miss France ». Pour lui, « l’identité française consiste justement à pouvoir dire ce que l’on veut et ceci depuis Vercingétorix ». Tahar Ben Jelloun, autre membre du jury, fustige les propos tenus par le député UMP qu’il juge « déplacés et scandaleux ». « Si ces propos avaient été tenus par quelqu’un d’autre que Marie NDiaye, Eric Raoult aurait-il réagi de même ? », s’est-il interrogé.

Côté politique, on retrouve la même indignation. Ségolène Royal, ex-candidate du Parti socialiste à l’élection présidentielle, et présidente de la région Poitou-Charentes, a estimé ce jeudi que « dans une démocratie, il doit être possible de critiquer le pouvoir en place ». Elle rappelle que la liberté d’expression est « un bien très précieux ». Martine Aubry, premier secrétaire du Parti socialiste a, dans un communiqué, qualifié « d’inacceptable et d’inexcusable » la mise en cause de l’écrivain par Eric Raoult. « Ne touchez pas à Marie Ndiaye, ne touchez pas à la liberté d’expression », clame t-elle.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.