Singapour / Apec

Obama en vedette au sommet Asie-Pacifique

Le président américain Barack Obama, à son arrivée à la base aérienne de Paya Lebar à Singapour, le 14 novembre 2009.
Le président américain Barack Obama, à son arrivée à la base aérienne de Paya Lebar à Singapour, le 14 novembre 2009. REUTERS/Jason Reed

Le président américain est arrivé pour participer au dîner des dirigeants du sommet de l'Apec durant lequel l'ambiance promet d'être tendue. Le forum Asie-Pacifique a déjà donné un avertissement. Les Américains doivent se montrer plus actifs dans la région s'ils ne veulent pas perdre leur influence au profit de la Chine.

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François Godement

Avec notre correspondante à Singapour, Carrie Nooten

Un bref geste de la main sous la bruine de Singapour, Obama s’est engouffré dans sa berline dès la dernière marche de l’Air Force One descendue. Le président américain, très en retard, et dont le planning n’a pas cessé de changer depuis ce matin, ne s’est pas attardé à la base militaire de Paya Lebar.

Alors que les leaders de l’Apec et leurs épouses étaient acheminés à petite vitesse, en pousse-pousse au dîner, la circulation a été bloquée du nord au sud dans Singapour afin de permettre au président américain d’arriver plus rapidement.

Impossible de savoir s’il a eu le temps de dîner, il a en revanche serré la main de son hôte, le Premier ministre singapourien Lee Hsien Loong et a vraisemblablement rejoint ses homologues au spectacle donné en leur honneur. Dragon chinois, ballet russe, reprises de Michael Jackson, l’ensemble des cultures ont été passées en revue.

Dans le public, les 21 leaders de l’Apec portaient le costume traditionnel singapourien : veste chinoise verte, rouge ou bleue pour ces messieurs, et robe perranakan pour ces dames - les Perranakan, descendants des Malais mariés à des Chinoises, sont reconnus comme les habitants d’origine de Singapour.

C’est une vieille coutume reprise à chaque sommet: les dirigeants se font photographier tous ensemble en habit typique. L’an dernier, au Pérou, George Bush et consorts avaient posé en poncho. Barack Obama, en veste bleue, plus charismatique, a donc réussi à rejoindre juste à temps ses compagnons de photographie.
 

Les pays de l’Asie et du Pacifique ont fait bloc pour mettre en garde les Etats-Unis aujourd’hui, alors qu’Obama n’était pas encore là pour assister aux premières rencontres.

Alors que reprochent ces pays à Washington ? Tout d’abord la faiblesse du dollar qui a un impact direct sur des pays exportateurs, comme la Thaïlande, la Nouvelle- Zélande ou le Chili ; puis, ce n’est pas nouveau, ses tendances protectionnistes. C’est, bien sûr, le fameux plan « Achetez américain » qui est au centre des courroux.

Depuis le début des rencontres de l’APEC, tous les dirigeants se sont prononcés sur la question : Hu Jintao dès hier, vendredi et même le président russe, Dmitri Medvedev ce matin, qui après avoir admis que la Russie avait eu une tendance protectionniste, a promis qu’elle allait l’abandonner.

Bien entendu, derrière ces pressions, il y a un enjeu, celui du leadership des Etats-Unis au sein de la coopération Asie-Pacifique. En marge du sommet, le fondateur de Singapour a même prévenu : « L’Amérique pourrait être mise en marge des coopérations à terme, si elle ne garantit pas des améliorations ».

C.N.
 

Karine Garand

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