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Afghanistan

Les ultimes tractations avant l'investiture de Karzaï

Le gouverneur de la province de Balkh, dans le nord de l’Afghanistan, reçoit ses administrés dans son bureau.
Le gouverneur de la province de Balkh, dans le nord de l’Afghanistan, reçoit ses administrés dans son bureau. RFI/Sophie Malibeaux
Texte par : RFI Suivre
3 mn

À quelques jours de l’investiture du président Karzaï pour un deuxième mandat, les tractations se poursuivent avec l’opposition. L’un des plus farouches adversaires du président Karzaï, le gouverneur de la province de Balkh dans le nord du pays - après avoir nié toute légitimité au président réélu - commence à envisager une participation, tout en posant ses conditions.

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Avec nos envoyés spéciaux à Mazar e Sharif, Sophie Malibeaux et Manuel Pochez

Dans le vaste bureau du gouverneur Atta, une cinquantaine de personnes attendent. Il y a là d’anciens commandants revêtus du manteau traditionnel des habitants du Nord, des entrepreneurs en costume et des policiers en uniforme assis sur le tapis central. Un à un, ils s’approchent du gouverneur, échangent quelques mots à l’oreille de l’ancien chef de guerre avant de se diriger vers la sortie. En conviant RFI à ce cérémonial, Mohammed Atta veut ainsi se montrer maître chez lui :

« Les gens viennent exposer le motif de leurs plaintes au bureau des pétitions, j’examine la liste et je sélectionne ceux qui vont venir jusqu’ici pour me parler. Comme ce monsieur en train d’attendre là, c’est un sénateur, il vient me consulter sur les affaires politiques. Le professeur que vous voyez là-bas, lui aussi, vient pour un motif politique. Je reçois également les anciens qui me confient leurs préoccupations ».

Dénonçant les fraudes enregistrées aux élections du 20 août, le gouverneur Balkh n’avait pas de mots assez durs pour le vainqueur désigné par la Commission électorale, le menaçant d’éventuelles manifestations de violence. Il semble désormais adopter une attitude plus modérée :

« Si le gouvernement ne traite pas avec l’opposition, il sera très faible. Dans la situation actuelle, l’Afghanistan ne pourrait faire face à une opposition trop forte. Nous avons été approchés pour faire partie de l’équipe au pouvoir, moi-même on m’a offert un portefeuille. Mais il ne s’agit pas d’obtenir trois ministères pour des membres de ce groupe. Nous avons des conditions à imposer : en matière de lutte contre la corruption, l’éviction des personnalités faibles et corrompues, l’éradication du pavot, le rétablissement de la sécurité. Nous voudrions aussi que les gouverneurs soient élus, et que la Constitution soit modifiée pour permettre l’avènement d’un régime parlementaire ».

Force de proposition d’un côté, le gouverneur de Balkh montre aussi un autre visage, avec ces accusations : « L’incompétence du ministre de l’Intérieur, sa décision d’approvisionner en armes certains éléments dangereux, pour former des milices, le fait qu’il limoge de bons agents pour mettre à leur place des hommes de son camp et sa façon de contester certaines autorités dans le Nord, tout cela contribue à la montée de l’insécurité ».

L’opposition au futur gouvernement d’Hamid Karzaï sera plus ou moins nocive pour la stabilité du pays. Cela repose en partie entre les mains du gouverneur de Balkh. 

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