Soudan / Doha

Nouveau cycle de discussions pour la paix au Darfour

Latifa Mouaoued/RFI

La médiation recevra à Doha des représentants de la société civile, -la grande oubliée des négociations jusqu'à présent-, mais pas les groupes rebelles et les autorités soudanaises. Les négociations entre les belligérants, qui devaient aussi reprendre ce lundi, ont dû être reportées sine die en raison de dissensions au sein de la rébellion.

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Si le Darfour connait une accalmie depuis quelques mois, la crise n'est toujours pas réglée. Le Soudan va entrer l'an prochain en année électorale et les tensions s'accroissent entre le Nord et le Sud. Dans ce contexte, les médiateurs souhaitent relancer et conclure au plus vite les pourparlers de paix au Darfour. Le MJE (Mouvement pour la justice et l'égalité), le principal mouvement rebelle y est favorable, mais le MLS (Mouvement de libération du Soudan) d'Abdel Wahid al-Nour traîne des pieds malgré les pressions du médiateur conjoint ONU-UA, Djibril Bassolet, et celles plus discrètes de la France, qui a donné asile à Abdel Wahid al-Nour.

«Depuis que nous sommes ici, ils ont voulu que l’on signe les accords d'Abuja, puis que nous allions à Arusha, ensuite à Syrte. Et depuis, ils sont fermement convaincus que nous irons à Doha, s'insurge Abdel Wahid al-Nour. La France est un pays démocratique. Nous respectons ses attentes et ses principes. Mais dans le même temps, nos positions sont claires et simples à comprendre. Nous demandons d'abord à la France de nous aider à faire en sorte que les habitants du Darfour retrouvent la paix et que le génocide s'arrête».

D'ores et déjà Khartoum a relancé le dialogue avec Ndjamena. Un dialogue qui concerne aussi les rebelles du Darfour puisqu' Idriss Deby, le président tchadien, s'est engagé à permettre aux Soudanais de vérifier de visu qu'il a bien demandé aux rebelles du MJE de quitter son territoire, à la condition que les Soudanais fassent de même avec les rebelles tchadiens présents au Darfour.

Si la normalisation entre les deux Etats se poursuit, les mouvements rebelles darfouris risquent de se retrouver isolés. Raison de plus, invoquent les diplomates, pour qu'ils saisissent l'opportunité d'une négociation.
 

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