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FAO

Les riches ne se mobilisent guère en faveur des affamés

Le directeur général de la FAO, Jacques Diouf,
Le directeur général de la FAO, Jacques Diouf, Reuters / Montage RFI
Texte par : RFI Suivre
3 min

Le sommet mondial sur la sécurité alimentaire s'ouvre ce lundi à Rome en présence du secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon et de plus de 60 chefs d'Etats et de gouvernements. Les dirigeants du G8 seront les grands absents du sommet, à l'heure où le nombre de personnes souffrant de la faim ne cesse de croître.

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Avec notre envoyé spécial à Rome, Boniface Vignon

Jacques Diouf, directeur général de la FAO, aura tout tenté pour «sensibiliser l'opinion publique». Clips vidéo décomptant les six secondes où un enfant dans le monde meurt, une grève de la faim, et pourtant cela ne semble pas avoir vraiment mobilisé.

Un peu comme s'ils ressentaient une gêne, voire une certaine honte, la plupart des dirigeants des pays riches n'ont pas fait le déplacement de Rome. Il faut rappeler qu'il y a à peine un peu plus d'un an, ils s'étaient engagés à réduire de moitié d'ici à 2015 le nombre de personnes souffrant de la faim. Depuis leur nombre n'a fait qu'augmenter passant de 850 millions à plus d'un milliard. Ce sont essentiellement les chefs d'Etat d'Afrique, d'Asie et d'Amérique Latine qui ont répondu à l'invitation.

Parmi eux, le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi et le Zimbabwéen Robert Mugabe désigné par ses pairs pour prendre la parole en leur nom. C'est que le Zimbabwe incarne bien la réalité du continent car il figure en bonne place parmi les 22 pays africains sur les 31 dans le monde touchés par la malnutrition.

Le secteur privé sollicité

Aujourd'hui le constat de l'Organisation onusienne est sans appel : la production agricole va devoir augmenter de 70% d'ici 2050 afin de nourrir 9 milliards d'individus.
Face à ce défi, toutes les pistes sont explorées y compris le secteur privé, appelé à apporter sa contribution. Et pour convaincre les entreprises à s'engager à fond dans ce combat, Jacques Diouf avance un argument économique : «une part de marché plus grande si le milliard de personnes qui souffrent de la faim devenaient des consommateurs».

Aucun nouvel engagement chiffré

Mais il est à craindre que ce rendez-vous n'apporte pas grand-chose, en dehors des traditionnelles déclarations d'intention. Plusieurs organisations non-gouvernementales dénoncent déjà le projet de déclaration finale. Car aucun nouvel engagement chiffré ne figure dans ce document d'une quarantaine d'articles, encore moins les 44 milliards de dollars annuels pour l'agriculture jugés nécessaires par la FAO. Ses auteurs se contentent seulement de demander que la promesse, faite en juillet dernier par les pays riches -dans le cadre du G8 d'Aquila- de mobiliser 20 milliards de dollars sur trois ans contre la faim, soit tout simplement honorée.

La déclaration finale du sommet est quasiment connue... et elle ne fait que ressasser des promesses déjà prises maintes fois... Pas d'engagements concrets sur les délais pour éradiquer la faim... et sur les actions à engager pour assurer la sécurité alimentaire mondiale

Jean-Denis Crola d'OXFAM s'inquiète du manque d'engagement de la déclaration finale

 

Ndiougou FALL, du ROPPA, Réseau des organisations paysannes de producteurs d'Afrique de l'Ouest, tire la sonnette d'alarme. En Afrique, l'arrivée de multinationales qui veulent prendre de vastes étendues de terre, constitue une menace.

Dire qu'il faut donner les moyens aux multinationales pour produire ne tient pas la route. Si les mêmes moyens sont accordés aux petits agriculteurs... ils peuvent être plus performants que les multinationales... Et où vont-elles trouver des terres ? Les populations vont s'y opposer...

Les multinationales ne peuvent se substituer aux paysans selon Ndiougou Fall

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