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Mali

Un avion s’écrase au Mali après avoir acheminé de la cocaïne

Latifa Mouaoued/RFI
Texte par : RFI Suivre
3 min

Selon l'office de l'ONU contre la Drogue et le Crime (ONUDC), des trafiquants sud-américains sont parvenus à acheminer de la cocaïne au Mali, depuis le Venezuela, à bord d'un avion cargo Boeing affrété pour l'occasion. L'avion s'est posé en brousse, sur une piste en terre, et aucune trace de l'équipage et de la cargaison n'a été retrouvée pour le moment. « Il a ensuite voulu décoller et s'est écrasé le 5 novembre », selon le responsable régional de l'ONUDC. Cet évènement vient prouver que les trafiquants de drogue utilisent des moyens de plus en plus importants et de plus en plus sophistiqués.

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On connaissait l'axe Venezuela - Guinée Bissau, avec des avions bimoteurs à hélices, traversant l'Atlantique pour déposer des ballots de cocaïne dans l'archipel bissau-guinéen des Bijagos. La méthode était artisanale.

Les trafiquants viennent de passer à une phase pratiquement industrielle. Un vieux Boeing cargo de type 707 ou 727, avec sans doute plusieurs tonnes de cocaïne à bord a traversé l'Atlantique pour se poser entre Gao et Kidal, dans le nord du Mali. Grâce à un faux plan de vol et à une couverture radar quasiment inexistante dans cette zone, l'appareil à pu arriver à destination.

Trafiquants d'armes et de diamants

Selon un spécialiste de l'aéronautique établi en Afrique, ce n'est pas la première fois qu'un avion à réaction, peut-être un Boeing 707 ou un 737, se pose sur une piste en latérite. La méthode est bien connue des trafiquants d'armes et de diamants mais n'avait semble-t-il pas encore été employée à cette échelle par les trafiquants de drogue. La plus grande difficulté, précise cette source, consiste à trouver l'endroit où se poser, mais la chose est facilitée aujourd'hui par l'usage des systèmes de positionnement par satellite, les GPS.

L'avion qui a été retrouvé près de Tarkint venait de loin. Il serait parti du Venezuela, pour venir décharger sa cargaison à 15 kilomètres de Gao. Des vieux Boeing comme celui-ci, il en existent de grandes quantités sur le marché de l'occasion un peu partout dans le monde. Ces appareils « en fin de vie » peuvent se négocier pour près de 100 000 euros. Les trafiquants n'hésitent donc pas à les abandonner, ou à les incendier, une fois que la marchandise a été livrée.

L'appareil dont l'épave calcinée a été retrouvée pouvait, semble-t-il, transporter 10 tonnes de drogue et en l'absence de couverture radar dans cette zone désertique du Nord Mali il a pu se poser sans être repéré. Ce sont à présent les numéros de série (Serial Number) gravés sur les pièces de l'avion qui devraient permettre de remonter jusqu'à son propriétaire.

Par Christophe Champin

Le Mali zone de transit pour la cocaïne

Cette affaire de boeing bourré de cocaïne n'est pas entièrement une surprise. Car le Mali est, depuis déjà plusieurs années, une zone à risque en matière de trafic de drogue. Selon la police locale, la cocaïne a commencé à transiter par son territoire, dès le milieu des années 2000.

La poudre blanche, en provenance d'Amérique latine, arrive, en général, après avoir transité par des pays côtiers, comme la Guinée Conakry ou la Guinée Bissau. Puis elle repart par toute sorte de moyens, principalement vers l'Europe qui est le deuxième consommateur mondial de cocaïne.

Il y a quelques mois, la police française a, par exemple, démantelé une filière bien organisée. Il s'agissait d'un réseau de français originaires d'Afrique de l'Ouest, basés en banlieue parisienne, qui faisait venir de la coke, en utilisant des passeurs chargés de transporter la marchandise à bord d'avions de ligne entre la capitale malienne et Paris.

Rapidement, les soupçons se sont aussi portés sur le nord Mali et plus généralement, sur la bande sahélo-saharienne. Ainsi, en 2008, un convoi de quatre quatre transportant de la cocaïne avait réussi à prendre la fuite après avoir été intercepté vers Tombouctou par des douaniers.

Selon plusieurs sources, la drogue transite pour repartir plus au nord, probablement, vers la Méditerranée. Et cela avec la complicité de groupes armés, dont al-Qaïda au Maghreb islamique.

Un cocktail évidemment explosif alors que les gouvernements de la région tentent de mettre fin à l'instabilité dans cette zone, qui est décidément celle de tous les trafics.

 

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