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Faux dinars de Bahrein : le procès des lampistes

Le congolais Jean-Pierre Kimbangala.
Le congolais Jean-Pierre Kimbangala. AFP / Jacques Demarthon

Plus de dix ans après les faits, les principaux prévenus, un ancien conseiller du président tchadien Idriss Deby, un proche du président Mobutu et un Marocain, ne sont pas présents à l'audience. En fait, au tribunal correctionnel, les huit prévenus sont ceux qui avaient été arrêtés à Paris en juin 1998, avec des valises de faux dinars. Compte-rendu de l'audience.

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Les sommes évoquées sont colossales, mais les rangs du public sont vides. Accusés: quatre Français et un Congolais, tous la soixantaine. Ils avaient été arrêtés en 1998 avec des valises bourrées de faux dinars, près du Sénat à Paris. Ils ont passé quelques mois en prison, sauf Jocelyne Lagalice, retraitée, en veste de simili cuir, et ils sont maintenant tous en liberté sous contrôle judiciaire.

Premier appelé à la barre : le Congolais Jean-Pierre Kimbangala. Lui, est même accusé de s'être rendu à l'imprimerie argentine où ont été fabriqués les faux billets.

Jean-Pierre Kimbangala se défend : «Je travaillais pour un prince saoudien. Il me disait avoir stocké de vrais dinars en Argentine, je suis allé là-bas pour les chercher, puis les placer en Europe».

- «Mais vous avez bien vu que vous vous rendiez dans une imprimerie en Argentine», souligne la juge.

-«Ah non, pour moi c’était des entrepôts».

-«Et pourquoi avoir fait transiter l'argent par le Tchad et le Niger ?».

-«Ah je ne sais pas, c'était la décision du prince».
 

A des juges irrités, Jean Pierre Kimbangala raconte aussi qu'on lui a présenté en France ses co-inculpés comme des personnalités influentes. «Mais monsieur, quand on veut placer son argent, c'est un banquier qu'on va voir !», ironise un juge.

A ses côtés, en veste de laine mal ajustée, Claude Sokolovitch, 75 ans, n'a pas le profil du PDG de banque. En revanche, il a déjà été condamné plusieurs fois pour escroquerie, de même que Jean Pierre Chariou, lui aussi inculpé.

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