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Le Moulin Rouge fête ses 120 ans ...

S.Klein - F.Claudel - Moulin Rouge
Texte par : Danielle Birck
5 min

...en images, dans un ouvrage où « le cabaret le plus célèbre du monde » dévoile ses coulisses. Photographies, documents, affiches, coupures de presse illustrent l’histoire et la vie de cette salle devenue mythique.French cancan, vedettes du Music-hall, revues à grand spectacle, le Moulin Rouge n’a cessé depuis sa création d’inspirer peintres et cinéastes et d’attirer au pied de la Butte Montmartre les touristes du monde entier Bal du Moulin Rouge, l’inscription continue à scintiller au dessus de la porte d’entrée de la salle, même si depuis 1889 les choses ont bien changé, du bal initial au théâtre music-hall en 1923 et au cabaret dîner spectacle depuis 1951.

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Sans oublier l’incendie qui ravagea l’endroit au milieu des années 1910. Mais les quatre ailes du Moulin sont toujours là, le champagne (240 000 bouteilles l’an) sur les tables tandis et le spectacle sur la scène, avec ses soixante danseurs, dont 40 Doris Girls.

Moulin Rouge

Ces fameuses Girls, recrutées un peu partout dans le monde et auxquelles Doris Haug, la chorégraphe du Moulin-Rouge de 1957 à 1997, a donné son nom. Un chapitre leur est consacré qui permet de suivre l’évolution des canons esthétiques au fil des décennies et des revues. « Je vous jure que ce n’est pas commode d’en trouver des comme il faut, ni trop petites ni trop grandes, ni trop grosses, ni trop laides, ni trop jolies …», disait Mistinguett qui triompha à la toute fin des années 1900 dans ce « Palais des femmes » que devint vite le Moulin Rouge, avec ses stars. A commencer par La Goulue, immortalisée par Henri de Toulouse Lautrec, qui réalisera au total dix-sept dessins et peintures sur le Moulin Rouge. Il ne sera pas le seul, on découvre par exemple en tournant les pages un dessin de Bernard Buffet.

Moulin Rouge

Mais le Moulin Rouge accueillera aussi, sur scène comme dans la salle, des personnalités du spectacle, du cinéma et des arts : Ella Fitzgerald et Ray Charles, Sinatra, Polnareff, Dali, Prévert, Mastroianni… Si les plus grands artistes internationaux se produisent sur la scène, le French cancan reste toujours le point d’orgue de ces revues qui depuis 1963 ont toutes un nom commençant par « F », de Frou-Frou à Féérie, en passant par Frisson, Frénésie ou Femmes, femmes, femmes… des femmes qui fument… sous l’eau ! Dans l’aquarium aux  40 tonnes d’eau on aura pu voir aussi Olga danser avec cinq pythons, un nageur mettre sa tête dans la gueule d’un crocodile, ou plus suavement,  un dauphin dégrafer le soutien-gorge d’une girl aquatique : le spectacle devient parfois spectaculaire. Les photos le sont aussi.  

Du spectacle au scandale, il n’ya parfois qu’un pas, que le Moulin Rouge a parfois franchi. Comme celui qui éclata en 1907 avec la revue Reine d’Egypte, un spectacle dépeignant les tribulations d’un savant  amoureux d’une momie. Derrière les deux personnages se cachaient en réalité deux femmes, l’auteure Colette et son amie Mathilde de Morny, qui échangent devant le public un long baiser « dont le potentiel érotique était sans précédent », nous dit-on. Voilà qui allait contribuer à la réputation « sulfureuse » du cabaret.

Moulin Rouge

Ce qui va très bien avec la couleur rouge, emblématique du lieu. Le rouge, « coloration du visage sous l’influence des émotions », mais aussi « couleur des corps incandescents », le dictionnaire de la langue française l’atteste, nous rappelle-t-on au début de quelques pages, elles aussi incandescentes. Avant de faire une brève incursion backstage, dans les cuisines où sont préparés chaque soir quelque 800 repas.

Quelques chiffres glanés ça et là au fil des pages donnent une idée de l’ampleur des moyens mis en œuvre pour les spectacles. 4951, par exemple. C’est le nombre de costumes qu’abritent les greniers du Moulin. Rien d’étonnant quand on sait que la seule revue Féérie a nécessité plus d’un millier de costumes. De quoi faire travailler tout un réseau de professionnels, d’artisans du ruban, de la plume, des paillettes, du strass et de la bottine et bien d’autres encore, car si  « l’entreprise » Moulin Rouge emploie 450 personnes, 1500 autres y travaillent indirectement. Bref, un investissement de quelque 12 millions d’euros pour Féérie. Un investissement de plus en plus lourd qui va de pair avec l’allongement de la durée de vie des revues qui, de deux ou trois ans dans les années 1960/1970, est passée à une bonne dizaine d’années.

DR

Il faut dire, ce que le livre anniversaire ne dit pas, que le Moulin Rouge revient de loin. Propriété de la famille Clerico depuis 1955, l’établissement a déposé son bilan en 1997. Avant de rebondir sur une nouvelle politique commerciale et une ouverture en direction d’un public plus large et diversifié. Comme en témoigne l’ensemble des manifestations organisées cette année autour du 120ème anniversaire avec la publication de ce « beau livre » (publié chez Albin Michel) à quelques semaines des fêtes de fin d’année, la diffusion de reportages à la télévision et la participation pour la première fois aux Journées européennes du patrimoine.

Chaque année, le Moulin rouge accueille quelque six cents mille spectateurs venus assister à l’une des deux représentations données chaque soir, sept jours sur sept. Une clientèle diversifiée composée pour moitié de spectateurs étrangers, où les Chinois ont remplacé les Japonais devant les Américains, les Russes, les Espagnols et les Anglais.

Enfin, ce que le livre ne nous dit pas non plus, c’est le nom de la prochaine revue qui succédera en 2012 à Féérie …Un nom en "F", bien sûr !

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