Accéder au contenu principal
Etats-Unis/Chine

Mariage de raison entre Hu et Obama

Le président américain Barack Obama (g),  le président chinois Hu Jintao (c), et la secrétaire d'Etat Hilary Clinton (d).
Le président américain Barack Obama (g), le président chinois Hu Jintao (c), et la secrétaire d'Etat Hilary Clinton (d). AFP
Texte par : Georges Abou
3 min

Les deux poids lourds de l’économie mondiale se sont réunis en sommet mardi à Pékin pour évoquer leurs affaires communes. Malgré de larges et profondes divergences politiques, les deux hommes ont manifesté leur volonté de poursuivre leur partenariat.

Publicité

Le président Hu Jintao a précisé qu’il était d’accord pour consolider les relations et aplanir les différences, pourvu que ce soit dans « un esprit d’égalité, de respect mutuel et de non ingérence dans les affaires intérieures de l’autre ».

C’est donc un sommet sans surprise, comme une réunion entre copropriétaires des rives du Pacifique liés par un destin immobilier et captifs de leurs intérêts communs et pourtant divergents. Un sommet de « partenaires et concurrents », selon la formule prononcée par Barack Obama à la veille de sa tournée asiatique.

Le président chinois qualifie son entretien avec son homologue américain de « franc, constructif et fructueux ». Ce qui, à la lecture des détails de l’entretien tels que les deux hommes les ont rapportés, signifie qu’ils ne sont pas d’accord, mais qu’ils manifestent la volonté de continuer à travailler ensemble à la réduction de leurs désaccords. Lors de leur rencontre avec la presse, mardi après-midi à Pékin, Hu Jintao et Barack Obama n’ont pas répondu aux questions des journalistes, mais les deux chefs d’Etat ont lu des déclarations écrites déclinant le catalogue des préoccupations communes.

Sur le plan économique, talon d’Achille de l’Amérique dans cette relation bilatérale, la partie chinoise veut moins de protectionnisme à l’heure où les contentieux commerciaux s’accumulent avec une industrie américaine qui tente de sauvegarder ses emplois et une administration soupçonnée de la soutenir. Sur la monnaie, Barack Obama s’est félicité des déclarations passées de la Chine sur une réévaluation éventuelle du yuan, maintenu à un taux jugé artificiellement bas par Washington et donc pénalisant pour les exportations américaines. Mais, officiellement, aucun progrès n’a été enregistré en termes de calendrier lors de la rencontre.

Climat, politique, droits de l’homme

Le dossier du réchauffement climatique, directement lié au mode de production et à l’économie, a également fait l’objet d’une déclaration commune convenue, à quelques semaines du sommet de Copenhague. Pékin et Washington expriment leur « volonté d’approfondir leur coopération » dans ce domaine. La Chine et les Etats-Unis comptent parmi les principaux pollueurs de la planète. Mais, dans ce débat sur le partage des responsabilités, Barack Obama souhaite voir les deux pays aller plus loin. « Notre objectif (…) n’est pas un accord partiel ou une déclaration politique mais plutôt un accord couvrant toutes les questions à la négociation, un accord qui ait un effet opérationnel immédiat ».

Pas de coup théâtre sur les questions de politique internationale. « Préoccupation » commune sur le dossier nucléaire iranien et menace de « conséquences » si Téhéran ne s’engage pas « de façon constructive avec le groupe des 5+1 et à coopérer pleinement avec l’AIEA (Agence internationale de l’énergie atomique) pour permettre une issue satisfaisante ». Reste que la diplomatie chinoise demeure opposée à la prise de sanctions contre l’Iran. Sur le dossier nucléaire nord-coréen, les deux présidents déclarent la même ambition de dénucléariser la péninsule en ramenant Pyongyang à la table des négociations multilatérales.

Il n’y a pas eu de miracle sur le dossier des droits de l’homme, si ce n’est que les différences ont été clairement évoquées, sans provoquer d’incidents diplomatiques. Barack Obama a répété sous les regards de son hôte ce qu’il avait déclaré la veille aux étudiants de Shanghaï à propos du caractère universel et fondamental des droits humains. Mais le texte de la déclaration commune reconnaît que les deux parties ont des approches différentes du dossier. Le président américain a néanmoins appelé à une reprise « dès que possible » du dialogue entre Pékin et le Dalaï Lama.
 

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.