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Invitation

Tous au concert avec Michel Blanc !

Ensemble orchestral de Paris - D.R
Texte par : Elisabeth Bouvet
4 min

Depuis ce vendredi et jusqu’au 29 novembre, la France tout entière se met au classique à la faveur de la 2e édition d’Orchestres en fête, côté scène et côté coulisses. Durant près de dix jours, les Français sont invités à venir à la rencontre des compositeurs et des interprètes, sous la baguette du comédien Michel Blanc, parrain de l’édition 2009. Entretien.

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Si Michel Blanc a « toujours rêvé d’être acteur », il a longtemps nourri le désir aussi de se diriger vers la musique. C’est même, confesse-t-il, « ce qui me fascinait le plus ». Si ce n’est que « venant d’un milieu modeste qui n’était absolument pas concerné par le classique », il est arrivé très tard à la musique et à cet instrument qu’il pratique toujours, le piano : «  J’avais 13 ans quand j’ai rencontré la musique ». Il se souvient s’être rendu seul à Pleyel en matinée, « c’était le 11 novembre, je crois », et avoir eu cette révélation qui depuis s’est muée en véritable passion, grâce à des « parents qui furent suffisamment intelligents pour m’encourager à aller aux concerts puisque j’aimais cela ». Grâce aussi à la rencontre au lycée qu’il fréquentait d’un « garçon qui jouait du piano et pour qui, parce qu’il était issu d’un milieu plus aisé, se rendre aux concerts constituait une sortie normal ;  et en plus il avait une grand-mère qui donnait des leçons. Du coup, nous allions ensemble écouter de la musique et on passait notre temps à commenter ».

 
Le réalisateur de Marche à l’ombre a ainsi pu entretenir une flamme qui n’a jamais cessé de se développer. « Dans mon entourage, je vois davantage de gens attachés à la musique qu’au théâtre. Mon meilleur ami est un compositeur contemporain et je suis sûrement plus épaté par les musiciens que par mes confrères, sûrement à cause de la part de mystère que comporte le métier de musicien ».

Pour autant l’acteur de l’ex-troupe du Splendid ne nourrit pas de frustration particulière. Pour avoir à l’âge de 18 ans « essayé de travailler exactement comme quelqu’un qui entre au Conservatoire, j’ai cru devenir fou. Je me retrouvais coupé de tout lien social et familial et c’était 6 heures non pas de travail mais de douleur car je voyais bien que je n’y arriverais pas. Et puis plus récemment, j’ai pu constater en côtoyant des musiciens que j’aurais eu du mal avec la vie de concertiste, toujours en voyage, seul dans des hôtels ici ou là ».   

John Nelson, David Zaugh

En revanche, reprend-t-il, « si je devais avoir un regret, c’est de ne pas avoir exercé le métier de chef d’orchestre. C’est une profession dans laquelle, je me serais épanoui pour une raison assez évidente : le chef d’orchestre est un peu un metteur en scène, dans un rapport de dialogue et de direction avec les musiciens ». Michel Blanc adorerait d’ailleurs qu’on lui offre un rôle derrière un pupitre car « ce serait un excellent alibi pour qu’un vrai chef d’orchestre m’apprenne son métier » même si, concède-t-il, Bernard Thomas s’est déjà chargé dans le passé de lui enseigner quelques rudiments.

A défaut (pour l’instant) d’avoir imprimé la pellicule dans la posture de l’homme à la baguette, il aura toutefois réussi à enregistrer un disque sur lequel il tient le rôle d’un récitant, mais « un récitant véritablement associé à la partition ». C’était dans Sénèque, dernier jour, un concerto spécialement composé pour lui par Eric Tanguy et qui fut créé à Rennes en 2004, avant d’être repris en 2007 et donc gravé, en octobre dernier. « Ce qui me rend le plus fier, c’est d’être à l’origine de la création d’une œuvre musicale ». 

Pour ce qui est, en revanche, de faire écouter son jeu, même ses proches éprouveraient les pires difficultés à parler de son toucher car cet amateur de Brahms « a trop de respect pour les musiciens pour jouer devant un public » : « Ma compagne me disait l’autre jour, ‘Pourquoi tu t’arrêtes de jouer dès que j’arrive ?’. En réalité, je n’entends que mes insuffisances ». Quoi qu’il en soit, il ne saurait assez encourager le public à profiter de cette opération et à lutter contre deux a priori (réalités) qui desservent l’audience que les Français réservent aux classique : « On pense trop souvent que la bourgeoisie s’est appropriée les concerts et qu’en plus, pour écouter du classique, il y a une culture à avoir ».  

Bref, soyons décomplexés vis-à-vis de cette musique : « Faut aller aux concerts comme on est. Regardez les Allemands et les Anglais qui ont une approche plus culturelle du théâtre et de la musique. Comme les concerts sont généralement plus tôt, ils viennent habillés normalement et on en voit souvent mangeant des sandwiches. Ce qu’ils aiment, c’est la musique, pas la représentation ». En d’autres termes, « faut les emmerder », bienséance et tutti quanti !
 

Ensemble orchestral de Paris - D.R.

 

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