Prix littéraires

Yannick Haenel, prix Interallié 2009

Yannick Haenel
Yannick Haenel C. Hélie/ Gallimard

Automne définitivement fructueux pour Gallimard qui ramasse le dernier prix de la saison 2009, le prix Interallié qui a été décerné ce mercredi à Yannick Haenel pour son roman-essai Jan Karski, du nom d’un résistant polonais qui tenta en vain d’alerter le monde sur l’extermination des Juifs durant la Seconde Guerre mondiale.

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Que la littérature donne à un homme que le monde ignora alors même qu’il cherchait à alerter les gouvernements occidentaux sur le massacre des Juifs de l’Est de l’Europe, voilà le genre de miracle dont on ne peut que se féliciter. Même trop tard, il aura finalement été entendu. Ou du moins lu. Tel est donc l’histoire du résistant polonais non juif Jan Karski, surtout connu dans son pays natal, et dont Yannick Haenel s’est emparé pour écrire ce livre qui tient autant du roman que de l’essai. Jan Karski avait d’ailleurs été sélectionné par le jury Médicis dans la catégorie « Essais ». 

Gallimard

Cet aspect hybride a d’ailleurs voulu à son auteur tout un débat sur les conditions dans lesquelles il a conçu cet ouvrage, et pu mêler fiction et réalité. Ancien professeur de français, Yannick Haenel, 42 ans, a publié son premier roman (Introduction à la mort française) en 2001. Depuis il a écrit Evoluer parmi les avalanches (2003) et Cercle, qui a obtenu en 2007 le prix Décembre et le prix Roger Nimier.

Quoi qu’il en soit, Jan Karski, qui était de presque toutes les listes, vient refermer une saison des prix littéraires de haute tenue avec entre autres un Goncourt venu récompenser, une fois n’est pas coutume, une femme en la personne de Marie Ndiaye (Trois femmes puissantes, Gallimard), un prix de l’Académie française irréprochable (Onze de Pierre Michon, Verdier), un Fémina et un Médicis saluant l’un et l’autre des romans plus directement intimes à savoir, respectivement, Personne de Gwenaëlle Aubry (Mercure de France, filiale de Gallimard) et L’énigme du retour de Dany Laferrière (Grasset). Signalons encore le Renaudot attribué à Frédéric Beigbeder pour son roman autobiographique, Un roman français (Grasset).

Seule fausse note dans ce concert presque sans couac, la polémique soulevée par le député UMP, Eric Raoult sur le prétendu devoir de réserve des lauréats, et même des écrivains, suite aux propos tenus par Marie Ndiaye, cet été dans un magazine français, sur la France de Sarkozy qu’elle qualifiait de « monstrueuse ». Le genre de polémique qui ne devrait pas rester dans les annales, contrairement à une saison des prix une fois encore presque parfaite.

 

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