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France/Droit à l'éducation

Aider des enfants brisés à se reconstruire

AFP/Sébastien Bozon

Ce vendredi 20 novembre marque le 20e anniversaire de la Convention des droits de l'enfant. Parmi ces droits : le droit à l'éducation, qui constitue la priorité de Cap Ados, une structure située en Touraine. Association adossée au Conseil Général d'Indre-et-Loire, Cap Ados s'occupe d'enfants dits « incasables », des jeunes âgés entre 12 et 18 ans placés par l'aide sociale à l'enfance, et au passé déjà très lourd. Ils manifestent, souvent avec une grande violence, un profond rejet de la société.

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Philippe Collin est directeur de Cap Ados, une structure fondée en 2006. Pour cet éducateur spécialisé, l'éducation est un droit fondamental. Et il prend le pari, entouré de 17 personnes, de progressivement aider des enfants brisés à se reconstruire : « Ce sont des jeunes qui sont en train de se structurer psychiquement sur un mode qui pourrait devenir pervers s’ils ne retrouvaient pas un dispositif éducatif à la fois capable de leur donner des limites, de leur faire intégrer des normes sociales classiques pour pouvoir s’insérer, et puis de les valoriser ».

Le dispositif repose sur des lieux de vie. Quatre adolescents y vivent comme dans une vraie famille, avec des règles à respecter mais aussi une écoute et du réconfort. Les premiers temps ne sont jamais faciles. Mais pour Stéphane et son épouse Bernadette, responsables du Lieu de vie de Monnaie, l'échange avec ces jeunes est très riche et au fil du temps toujours positif : « Quand ils arrivent, nous on appelle cela dans notre jargon ' la lune de miel '. Comme ils n’ont plus confiance en l’adulte, ils vont nous tester. Ils vont essayer vraiment de nous tester pour savoir si on tient la route, et si ce qu’on dit est cohérent et juste. Une fois la première étape passée, on arrive dans la deuxième, qui relève plus de l’affect. On ne peut pas faire semblant. Evidemment, après, ils enlèvent leur carapace, ils se confient à nous ».

«Une relation de type dominant-dominé, agressant-agressé »

Ces enfants placés là souvent dans le cadre de procédure d'urgence ont déjà un lourd passé institutionnel et ils finissent par apprendre à manipuler tous les systèmes. Sans la pugnacité d'une structure comme Cap Ados, ces enfants pourraient devenir dangereux pour eux-mêmes et la société.

« Ils se situent régulièrement dans une relation aux autres de type dominant-dominé, agressant-agressé. Ils ont une autre difficulté : la relation au principe de réalité. Dès que l’on veut faire quelque chose par rapport à l’idée que l’on en a, forcément les difficultés arrivent et il faut faire des efforts. Il faut dépasser ces difficultés et là, ces jeunes sont très fragiles par rapport à cela. Quand ils n’y arrivent pas, cela se termine par de la violence », explique Philippe Collin.

Dans un système où la règle du jeu est connue, ces jeunes arrivent progressivement à reprendre confiance en eux et en l'autre, comme en témoigne Giovani, 15 ans. Il est chez Cap Ados depuis deux ans : « Au début, c’était un peu dur, mais maintenant ça va mieux. J’avais des problèmes familiaux, je faisais beaucoup de bêtises. Je me suis dit, un jour, il faudrait que j’arrête. Il a fallu à peu près un an et demi avant que j’arrête les grosses conneries parce que je partais en fugue ».

Comme Giovani, 14 adolescents âgés entre 12 et 18 ans sont scolarisés ou en contrat d'apprentissage et apprennent à retrouver leur place dans l'espace social.

Unicef.fr

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