Rétrospective & Photographie

En bonne compagnie avec Robert Delpire

Couvertures du catalogue de l'exposition «Delpire & Cie».
Couvertures du catalogue de l'exposition «Delpire & Cie». Delpire

Après Arles, Paris. L’exposition consacrée, cet été dans le cadre des Rencontres internationales d'Arles (sud de la France), à l’éditeur français et infatigable amateur d'images est désormais visible à la Maison européenne de la photographie. Delpire & Cie est le titre de cette rétrospective qui investit tous les étages de la MEP.

Publicité

De haut en bas ou de bas en haut, selon la manière dont on abordera la visite, de l’édition de livres pour enfants au lancement de la collection Photo-Poche, de la production de films aux côtés notamment de l’Américain William Klein à la création d’une agence de publicité… Ce sont près de soixante ans d’une carrière tournée presque entièrement vers la photographie que le visiteur est invité à arpenter, dans un foisonnement de documents (150 environ) et de photographies (quelque 500) qui donnent la mesure du rôle essentiel qu’a joué Robert Delpire dans la diffusion de la photographie, et sa reconnaissance. 

Du reste, les commentaires que l’on peut surprendre ici ou là donnent à entendre cette surprise devant toutes ces activités que l’ancien étudiant de médecine a menées de front, y compris dans des domaines plus personnels tels que l’attestent ces ouvrages consacrés aux herbiers, un plaisir qu’il partageait avec son ami André Martin. En exposant tout, Robert Delpire tient ainsi à remercier tous ceux et celles qui furent les « auteurs et les acteurs de cette aventure passionnante ». Une générosité à l’aune d’une existence traversée de rencontres toutes plus étourdissantes les unes que les autres.
 

Delpire

Si comme l’écrivait l’écrivain et poète Paul Valéry, « Un homme seul est toujours en mauvaise compagnie », Robert Delpire, lui, a (et continue à avoir) eu une vie exemplaire. Robert Frank, Henri Cartier-Bresson (autre ami cher au cœur de l’éditeur), Sarah Moon, William Klein, Marc Riboud, Agnès Varda, Brassaï, Raymond Depardon, Willy Ronis, Robert Doisneau, Mario Giacomelli… autant de (grands) vivants auxquels il faudrait adjoindre la liste des morts que l’éditeur parisien a soit sortis d’un oubli injuste à l’instar d’un Jules-Etienne Marey soit replacés à leur juste place dans l’histoire d’un medium que Robert Delpire a justement largement contribué à diffuser, populariser et défendre.

Ce fut notamment sa mission, sa préoccupation à la tête du Centre national de la photographie que cet infatigable amateur d’images animera, dirigera durant quinze ans à partir de la création du CNP en 1982. C’est dans ce cadre qu’il donnera naissance à cette collection qui existe toujours aujourd’hui, Photo Poche qui, d’éditions en redécouvertes, de publications en exhumation, s’apparente ni plus ni moins à une encyclopédie de la photographie, accessible à tous.

C’est cette richesse, ce foisonnement, ce dynamisme que l’exposition remet en perspective dans une présentation qui, loin d’être écrasante ou pompeuse, se veut presque familière, à l’aune de ces photographies personnelles sans dates précises ni légendes qui nous montrent Robert Delpire accroupi sur la moquette en train de regarder des photos de Henri Cartier-Bresson (sans doute pour préparer ou un livre ou une exposition) ou posant avec des copains… Des images comme sortis d’un album de famille dont, le temps d’une rétrospective, l’on pourrait presque imaginer faire partie. Le genre d’invitation en tout cas qui ne se refuse pas !
 

 
 

 

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail